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Transports

Métros, bus, RER : fin des JO, retour du chaos ?

Une foule attendant un RER bondé à Paris, en juillet 2023.

Des métros sans cohue, des RER à l’heure... Cette image idyllique durant les JO ne doit pas cacher les difficultés qui vont reprendre à Paris. Ni celles qui n’ont jamais cessé en grande banlieue.

Les Jeux olympiques sont finis, les galères de transport vont-elles reprendre ? C’est ce qu’affirme le groupe de la Gauche communiste, écologiste et citoyenne au conseil régional d’Île-de-France. « La fête est finie ! » alerte Céline Malaisé, sa présidente. À partir du lundi 12 août, métros, RER et transiliens — dont la qualité de service pendant la quinzaine olympique a été saluée — reprennent leur rythme normal jusqu’aux Jeux paralympiques, qui débuteront le 28 août.

Comme c’est la pleine saison estivale, ils passeront à leur plus faible fréquence de l’année. « Ce qui est logique », note la présidente du groupe politique d’opposition. Mais, plus inattendu, l’offre sera moins importante qu’un été normal. « Certaines lignes auront une offre de transport encore plus allégée que d’habitude. Seulement 60 % du service estival habituel sera en place sur les RER C, 84 % sur le RER D, 83 % sur le RER E, 83 % sur la ligne J, 85 % sur la ligne N, etc., explique-t-elle. C’est ce qui a été voté en termes de fréquence au sein du conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités. »

8 % de touristes en plus

Des chiffres connus depuis longtemps donc, mais sur lesquels la communication de la région et des opérateurs de transports a fait l’impasse. « Ça n’entre pas dans le plan de communication de la présidente d’Île-de-France Mobilités, évidemment », regrette la conseillère régionale.

En effet, ni Valérie Pécresse, ni Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, n’ont abordé ce sujet lors de la conférence de presse, organisée le 9 août et consacrée au bilan de l’offre de transport pendant la première quinzaine des JO. Ils n’ont pas non plus répondu aux questions de Reporterre sur les causes de cette offre réduite. Ni leurs services presse.

« Il faut que les agents prennent leurs congés, c’est logique et c’est normal. Mais ça a des incidences », explique Céline Malaisé. D’autant que si les JO sont finis, les touristes continuent de visiter Paris, comme s’en est réjouie Valérie Pécresse lors de cette conférence. 8 % de touristes internationaux supplémentaires sont attendus du 12 au 27 août par rapport à la même période en 2023. Pile au moment où il y aura le moins de transports.

Offre dégradée, tarif augmenté

Autre motif d’agacement pour Céline Malaisé : « Pendant cette période, la tarification spéciale JO continue. On va donc avoir une offre de transport estivale dégradée avec une tarification augmentée. » Elle rappelle qu’actuellement, le billet classique dit « origine-destination » pour les usagers de la grande couronne est au tarif unique de… 6 euros !

« On attire à chaque fois l’attention en disant que 1 million de Franciliens sont des utilisateurs quotidiens de tickets origine-destination sur les RER ; ils n’ont pas d’abonnement mensuel ou annuel, parce qu’ils sont des usagers occasionnels ou modestes. »

Cette tarification spéciale se justifie par « une qualité de service exceptionnelle », a redit Valérie Pécresse, le 9 août. « Les usagers s’en sont rendu compte, ils en ont eu pour leur argent », s’est-elle félicitée. « Tout est fait comme si la région avait remporté une médaille olympique sur les transports en commun. C’est quand même plus nuancé que ça », insiste Céline Malaisé.

Certes, la première phase des JO s’est déroulée sans anicroche sur le réseau destiné à desservir les sites olympiques. « C’est aussi parce que 800 000 voyageurs supplémentaires par jour étaient annoncés et qu’on a été dans une fourchette plus basse, autour de 500 000 voyageurs supplémentaires », raille-t-elle.

Des bus supprimés en grande couronne

Cette réussite se serait aussi faite au détriment des usagers de la grande couronne. « Depuis un an, nous avons alerté sur le fait que les lignes qui desservent les banlieues de la grande couronne ne devaient pas être déshabillées pour les lignes destinées aux sites olympiques. » Or c’est ce qui s’est passé, selon le groupe de gauche, qui a procédé au recensement des incidents survenus sur les lignes franciliennes au cours de la quinzaine olympique.

Des dizaines de bus auraient ainsi été supprimés de manière quotidienne sur les réseaux de grande couronne. « On a comptabilisé par exemple le 1ᵉʳ août quasiment une centaine de bus prévus qui ne sont pas passés. » Est-ce que parce que les chauffeurs sont venus en renfort sur les lignes desservant les sites olympiques ? « Ni nous ni les associations d’usagers n’ont obtenu de réponse à cette question. » Reporterre non plus.

Désormais, les regards sont tournés vers les Jeux paralympiques qui devraient attirer chaque jour quelque 300 000 voyageurs en plus sur les lignes, et qui tomberont la même semaine que la rentrée scolaire.

Certes, le réseau aura retrouvé sa cadence habituelle de septembre et bénéficiera toujours des avancées mises en place lors des premiers JO : conducteurs supplémentaires, meilleure coordination entre les opérateurs, gestion plus efficace des colis abandonnés avec des interruptions de trafic moins longues, effectif renforcé des personnels en gare... Toutefois, le ministre des Transports, Patrice Vergriete, a lui-même évoqué sur France Inter une « semaine un peu difficile » dans les transports en commun. « Elle pourrait en effet être assez sportive », confirme Céline Malaisé. Et pas que dans les stades.

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