Jardin sans pétrole - C’est le temps des fraises - et pas besoin de les sucrer

Durée de lecture : 2 minutes

6 juin 2015 / Christine Laurent

Terre sèche : urgence, arroser. Non sans s’être régalé des bonnes fraises de juin.


Encore une entorse au jardin sans pétrole ! Nous avons dû prendre la voiture pour acheminer tous nos plants jusqu’au potager. Ceux de choux de Milan, choux-raves et brocolis, du balcon filant du 11e arrondissement et ceux de tomates noires de Crimée, basilic et piments de Padron, des Étoiles de Jean Renaudie à Ivry. Nous en avons ajouté quelques autres achetés ce matin aux journées portes ouvertes de l’Ecole Du Breuil, située dans le bois de Vincennes : un chrysanthème comestible, une hysope et un chou noir d’Italie. Après une sortie de Paris laborieuse, nous sommes content de retrouver notre écrin comestible.

Dans les cerisiers, des billes orangées égayent le feuillage vert et, surprise, des fraises bien rouges aux akènes jaunes très marqués nous attendent. Sitôt vues, sitôt ramassées par Léonie. Nous nous installons pour déjeuner de notre incontournable salade de lentilles - sucre lent indispensable pour travailler plusieurs heures dans le jardin - dans laquelle nous ajoutons de la ciboulette et des rondelles de radis du potager. La dégustation des fraises s’accompagne d’interminables commentaires sur leur couleur, leur forme et leur goût.

Mais trente-sept jeunes pousses attendent d’être mise en terre. La sieste sera pour plus tard... Là où nous n’avons pas arrosé au mois de mai, car il n’y avait rien qui nécessitait de l’être, la terre est très sèche sur plusieurs centimètres de profondeur. Dans la main, au mieux elle s’effrite, le plus souvent elle y reste sous la forme de cailloux très durs. Les vers de terre se sont carapatés dans les profondeurs en attendant des jours plus humides pour remonter en surface. Au sol, les araignées et les fourmis vaquent à leurs affaires. Divers insectes volants que nous n’avons pas encore appris à reconnaître vrombissent au-dessus des plantes. Je m’étonne de ne voir aucune coccinelle. Ce ne sont pourtant pas les pucerons qui manquent !

Un seau de compost, un transplantoir et un arrosoir accompagnent mon cheminement entre les allées. Les plantes trouvent une à une leur place sur les buttes. Un trou, une pelletée de compost, la mise en place du plant, un arrosage et au suivant. Jean-Marie fait des lignes de coquilles d’œuf autour des plants pour éloigner les limaces et les escargots et Léonie répand des copeaux de bois pour préserver l’humidité. Le soir, le jardin a revêtu ses habits d’été en prévision des fortes chaleurs de la fin de la semaine. Nous repartons avec du cresson alénois, de la roquette et du mesclun, un peu de poirée et d’oseille. Sur le chemin du retour en roulant vers la N20, nous nous arrêtons cueillir quelques fleurs d’acacias dont on fait des beignets au goût subtil.



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Source : Christine Laurent pour Reporterre

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