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En bref — Luttes

Jean-Marie Muller, figure de la non-violence, est mort

De gauche à droite, Jean-Marie Muller, Lanza del Vasto et Jacques Pâris de Bollardière sur le plateau du Larzac pendant la lutte contre l'extension du camp militaire, dans les années 1970.

L’écrivain, militant, et philosophe Jean-Marie Muller, qui a consacré sa vie à la non-violence, est mort le 18 décembre 2021 à Orléans, à 82 ans.

Né à Vesoul en 1939, il a d’abord été professeur de philosophie dans un lycée. En 1967, alors qu’il était officier de réserve, il s’est vu refuser le statut des objecteurs de conscience. Il s’est fait connaître en renvoyant son livret militaire au ministre de la Défense, un acte pour lequel il a été condamné, le 8 janvier 1969, à trois mois de prison avec sursis, 1 000 francs d’amende et cinq ans de privation de ses droits civiques.

Suite à son procès, qui a eu un écho retentissant dans la presse nationale, il a quitté l’enseignement pour se consacrer la lutte pour la non-violence. En 1973, il a protesté contre les essais nucléaires français dans le Pacifique avant de lancer, l’année suivante, la création du Mouvement pour une alternative non-violente (Man), dont il est longtemps resté porte-parole. En 1984, il a participé à la création de l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC), où il a été directeur des études.

« C’est un penseur important pour les luttes, par exemple climatiques, qui disparaît »

Jean-Marie Muller a écrit dans plusieurs médias, dont Reporterre. Il a écrit trente-six livres sur la non-violence, dont plusieurs ont été traduits à l’étranger. Quand la Pologne a cherché à se défaire du communisme sous l’impulsion du syndicat Solidarność, initié par Lech Wałęsa en 1980, le livre de Jean-Marie Muller, Stratégie de l’action non-violente, a été traduit en polonais sans que l’auteur ne le sache, puis imprimé dans la clandestinité à plus de 15 000 exemplaires. C’est cet ouvrage qui a convaincu les militants de Solidarność d’employer les méthodes de l’action non-violente qui ont fini par entraîner la chute du régime communiste polonais en 1988. En 2013, Jean-Marie Muller a reçu le Prix international de la fondation indienne Jamnalal Bajaj pour la promotion des valeurs gandhiennes.

Les membres du Mouvement pour une alternative non-violente ont fait part, dans un article, de leur « profonde tristesse ». L’activiste Nicolas Haeringer, membre de 350.org et passé par le Man, a rendu hommage sur Twitter à « l’un des penseurs des stratégies de lutte non-violente les plus stimulants. J’espère que son œuvre continuera à être lue et discutée. C’est un penseur important pour les luttes, par exemple climatiques, qui disparaît ».

Complément d’info : Une biographie plus complète de Jean-Marie Muller, par Alain Refalo

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