L’avenir du jardin sans pétrole est dans le marc de café

4 mars 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Le marc de café, encore plus s’il est bio et équitable, est d’une grande utilité au jardinier : il donne un coup de fouet aux cultures, facilite les semis, éloigne les nuisibles… et développe l’économie circulaire.

Face aux bourrasques, rien de tel qu’une bicyclette lestée pour résister aux assauts du vent. Nous partons au jardin avec les épluchures de la semaine et une cargaison de marc de café… Plus de 10 kg de résidu de percolateur récupéré cette semaine auprès d’une enseigne belge, reconnaissable à sa petite carotte. Il y a déjà un moment qu’au bureau, j’essaie de détourner du recyclage des matières organiques, ce « déchet » très utile dans le jardin. Mais jusque-là, mes tentatives auprès des responsables successifs d’Exki avaient fait chou blanc. À mon grand regret, car non seulement leur café est bio et équitable, mais je peux le récupérer en sortant du boulot. Avec la complicité du nouveau manager, j’ai constitué un stock suffisant pour l’année en une petite semaine… Et suis devenue, pour les salariés, la fille du marc de café. Une occasion de parler de jardinage et d’économie circulaire !

Le marc de café est très utile dans un jardin. Riche en azote, en sels minéraux — potassium et magnésium notamment —, il donne un coup de fouet aux cultures, un peu comme une bonne tasse de café. J’ai testé avec succès l’année dernière un mélange de compost, sable, argile et marc de café pour lancer les semis de tomate et apprécié sa texture souple. Je vais l’essayer cette année pour les semis directs en terre. Bien sec et mélangé aux graines minuscules de carotte, cresson, salade, il évite d’avoir une densité de graines trop importante et de devoir ensuite éclaircir les jeunes pousses. Sa couleur et sa texture permettent de bien repérer les lignes ou les courbes de semis. Enfin, le marc de café fait battre retraite à pas mal d’insectes et autres gastéropodes.

Le jardin se réveille doucement de l’hiver.

J’en ai mis au pied des cardons, où les fourmis gourmandes viennent entretenir des colonies de pucerons. J’ai semé à nouveau des pois gourmands en ajoutant du marc de café aux coquilles d’œuf broyées et en espérant cette fois préserver mes récoltes à venir.

Le jardin se réveille doucement. Les jonquilles jaunissent sous leurs boutons verts, les premières feuilles de rhubarbe toutes fripées se déplient doucement, les bourgeons du pêcher sont prêts à éclore… après le marc de café pour mettre en retraite les fourmis, il faut que je pense à la purée d’ail cru pour endormir le champignon de la cloque. Pas très naturel tout çà…




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf
. chapô : Unsplash (Irene Coco/CC0)

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