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L’éclairage nocturne affecte gravement les écosystèmes

Une équipe internationale de scientifiques emmenée par le physicien Christopher Kyba, du Centre de recherches allemand en géosciences, vient d’analyser les données fournies par un satellite équipé pour la détection des lumières nocturnes. Le résultat, publié dans Science Advances mercredi 22 novembre, n’est pas encourageant. Entre 2012 et 2016, les zones extérieures éclairées la nuit se sont étendues partout dans le monde, au rythme de 2,2 % par an. De plus, dans les secteurs déjà éclairés, l’intensité lumineuse a elle aussi augmenté, de 1,8 % en moyenne. Ces augmentations concernent la plupart des pays du monde. Quelques exceptions cependant : l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et les Etats-Unis, notamment, qui restent stables, et les pays en guerre comme le Yémen et la Syrie, où la luminosité nocturne a diminué.

Les auteurs de l’étude avancent plusieurs raisons à cette hausse, comme l’expansion des zones urbaines, l’extension du réseau électrique et l’augmentation de a richesse de certaines régions. Mais aussi la généralisation des éclairages LED, puisque les économies d’énergie réalisées par les collectivités servent parfois à investir dans de nouvelles lampes. « A court terme, il apparaît que les émissions de lumière artificielle dans l’environnement vont continuer à augmenter, réduisant davantage les parties de la Terre qui ont encore un cycle jour-nuit naturel », préviennent les auteurs de l’étude.

Oiseaux migrateurs, tortues de mer, insectes nocturnes... la liste des espèces affectées par l’éclairage nocturne est très longue. Pour les animaux nocturnes, « l’introduction de la lumière artificielle représente probablement le changement le plus drastique que les êtres humains ont apporté à leur environnement », ajoute Christopher Kyba. « Les prédateurs utilisent la lumière pour chasser, et les proies utilisent l’obscurité pour se cacher. Près des villes, la couverture nuageuse est désormais des centaines ou même des milliers de fois plus brillante qu’elle ne l’était il y a 200 ans. Nous commençons à peine à comprendre son effet sur l’écologie nocturne », prévient le scientifique.

  • Photo : Guangdong en Chine (Pxhere)

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