L’état « très critique » de l’eau inquiète l’Europe
Plus de la moitié des eaux des lacs, rivières et fleuves en Europe sont dans un état « très critique ». - Pxhere/CC0
Plus de la moitié des eaux des lacs, rivières et fleuves en Europe sont dans un état « très critique ». - Pxhere/CC0
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C’est ce qu’on appelle un naufrage. Dans un rapport étayé publié le 4 février, la Commission européenne dresse un tableau très sombre de l’état de nos eaux : plus de la moitié des eaux des lacs, rivières et fleuves en Europe sont ainsi dans un état « très critique ». En clair : l’obligation, pour les États, de rétablir d’ici à 2027 le « bon état » des masses d’eau ne sera pas atteinte.
Dans le détail, seule 1 masse d’eau sur 4 (rivières, lacs, nappes) présente un bon état chimique — autrement dit sans trop de pollution — et 4 masses d’eau sur 10 sont en bon état écologique. « La rareté de l’eau et la sécheresse sont également des préoccupations croissantes », indique la Commission. Ce rapport officiel vient s’ajouter aux nombreuses alertes d’experts quant à la bonne santé de nos eaux douces.
En cause : « La contamination généralisée par le mercure et d’autres polluants toxiques », selon la Commission, mais aussi la pollution aux nitrates, issus de l’agriculture industrielle. Autres pressions identifiées par Bruxelles : « Une mauvaise gestion structurelle, une utilisation non durable des sols, des changements hydromorphologiques [le fait de canaliser les cours d’eau par exemple], le changement climatique, l’augmentation de la demande d’eau et l’urbanisation. »
La situation en France n’est guère reluisante : d’après l’enquête de Reporterre menée en 2022, moins de 40 % des eaux de surface étaient en bon état.
Pour le WWF, « les États membres n’ont pas réussi à protéger les citoyens contre les effets des sécheresses, des inondations et de l’élévation du niveau de la mer, ni à garantir des quantités suffisantes d’eau de bonne qualité ».
« Nous devons redoubler d’efforts pour renforcer la résilience de l’eau », a assuré la commissaire à l’environnement Jessika Roswall. Ce rapport doit ainsi « nourrir notre stratégie » sur la résilience hydrique, attendue au printemps. Celle-ci fait d’ailleurs l’objet d’une consultation publique ouverte jusqu’au 4 mars.