La Banque européenne d’investissement ne financera plus les énergies fossiles à partir de 2021

Durée de lecture : 3 minutes

20 novembre 2019



La Banque européenne d’investissement (BEI) a décidé le 14 novembre de supprimer les soutiens financiers aux combustibles fossiles à partir de 2021.

Les États réfractaires, comme l’Allemagne et l’Italie, ont accepté de signer la modification ambitieuse de la BEI sur sa politique de prêt dans le secteur énergétique, un changement qui prévoit de transformer le bailleur européen en une véritable « banque climatique ».

Cet accord modifie drastiquement la politique du bailleur, qui selon des chiffres de l’ONG Bankwatch a octroyé 13,5 milliards d’euros au secteur des combustibles fossiles entre 2013 et 2018.

Le président de la Banque, Werner Hoyer, a déclaré qu’« aujourd’hui, la BEI a décidé de faire un pas de géant afin d’atteindre ses objectifs. Nous arrêterons de financer les combustibles fossiles et nous mettrons en place la stratégie d’investissement la plus ambitieuse face au défi climatique. »

Les négociations ont aussi permis d’établir que tous les États membres auront un plafond de financement plus élevé pour certains projets liés aux énergies renouvelables, un nouveau compromis salué par plusieurs pays, auparavant opposés à la politique à deux vitesses en vigueur.

La banque reverra aussi à la hausse son soutien pour le nouveau « Fonds pour une transition juste » de la Commission européenne.

Des assouplissements pour le gaz

Le report de la date butoir pour les projets gaziers était la clé pour garantir l’aval de l’exécutif européen. Bruxelles avait refusé la première échéance en 2020, en vue de consolider ses projets pour faire du gaz naturel un combustible transitoire.

La Commission européenne s’est dite satisfaite d’un « arrangement transitoire pour l’abandon progressif des projets gaziers, y compris les projets vitaux d’interconnexion et de stockage de gaz, les projets dits d’intérêt commun », a-t-elle expliqué dans un communiqué.

Le Secrétaire général, James Watson, a ajouté que « la Banque continuera à soutenir des projets de déploiement de petites chaudières à gaz, qui contribuent à améliorer la qualité de l’air et à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les régions qui utilisent encore des combustibles solides ou du pétrole pour le chauffage ».

Des dérogations autoriseront le maintien de financements pour les centrales électriques qui rejettent moins de 250 grammes de CO2 par kilowatt/heure d’électricité générée, soit 300 grammes de moins par rapport à la norme initialement prévue par la BEI.

Les nouvelles réglementations tiennent également compte des gaz à faible teneur en carbone, comme le biogaz et l’hydrogène. Greenpeace a insisté pour qu’une révision soit prévue dans deux ans afin de « permettre à la BEI de supprimer toutes les échappatoires restantes ».

Rendez-vous en décembre

Lors du sommet européen prévu en décembre, la stratégie de la Commission européenne visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre au zéro net sera encore sur la table des négociations.

Ce projet ambitieux pour 2050 stipule que plus de 500 millions d’euros seront nécessaires chaque année pour retirer le carbone de l’entièreté de l’économie européenne. La BEI avance désormais qu’elle débloquera mille milliards d’euros d’investissement d’ici à 2030.

D’autres institutions financières semblent prêtes à suivre l’exemple de la BEI. Ainsi, le 13 novembre, la Banque africaine de développement a annoncé qu’elle n’investirait pas dans une nouvelle centrale au charbon au Kenya, tandis que la Banque centrale européenne envisagerait d’inclure les risques liés au changement climatique dans ses tests de résistance.

- Source : Euractiv

- Photo : Siège de la BEI au Luxembourg (Wikimedia)





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