La chrysomèle du romarin est élégante mais vorace

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1er octobre 2016 / par Christine Laurent

Une jolie journée de septembre, entre pluie et lumière. Où tout va bien, et où l’on découvre un visiteur distingué, mais sans doute encombrant.

Nous n’étions pas arrivés à la gare d’Austerlitz que la pluie annoncée par Météo France tombait déjà sur nos têtes. Elle nous accompagnait encore une heure plus tard quand nous descendîmes à la gare de Chamarande.

Mais pourvu qu’au lieu de grimacer, on lui sourit, la pluie réveille et détend le visage. A l’abri sous nos capes, nous nous laissons gagner par son énergie bienfaitrice, pédalant le long de la Juine pour rejoindre notre lopin de terre. L’humidité n’est pas arrivée sous les thuyas, nous pouvons nous installer pour une frugale salade de lentilles accompagnée de belles tomates que Jean-Marie part cueillir à peine arrivé.

Il n’y a pas tellement à faire aujourd’hui. Une fois collectés les tomates, courgettes, feuilles d’oseille, haricots vert et carottes, nous décidons d’aller couper les dernières brassées de fougère-aigle avant leur inéluctable jaunissement. Le soleil est bientôt de retour, sublimant les parfums de terre et de plantes.

Dans la forêt, un tapis de cyclamens

En regardant comment se portaient les marcottages de romarin, j’ai découvert un coléoptère, à peine plus grand qu’une coccinelle, puis un deuxième. Un véritable bijou aux élytres métallisés, fond vert pointillé et rehaussé de lignes carmines, que je n’avais jamais vu. Mon smartphone m’a bientôt appris son nom : la chrysomèle du romarin.

Les chrysomèles forment une vaste famille de coléoptères phytophages... dont la France à elle seule abriterait 670 espèces ! Ces vegans et leurs larves boulottent sans relâche les feuilles de certains arbres ou plantes potagères. Si leur installation n’est pas contenue, équilibrée par des mésanges ou espèces de guêpes à longues pattes qui s’en nourrissent, les dégâts peuvent être importants. Heureusement, chaque chrysomèle a ses plantes de prédilection.

Chrysolina americana a été décrite en 1758 par le naturaliste suédois Carl Von Linné sous le nom initial de Chrysomela americana. Une curieuse appellation puisque le chrysomèle du romarin est originaire d’Afrique du Nord. Il n’est d’ailleurs pas inféodé au seul romarin. Il aime toutes les plantes de la famille des lamiacées. Et dans cette famille, nous avons aussi dans le jardin du thym, de l’hysope, des menthes, du basilic, de la marjolaine, de la sarriette...

Nous avons raccourci sévèrement le pied de Romarin visité par ces petits coléoptères aussi élégants que voraces pour prévenir l’installation d’une nurserie.

Le jardin sans pétrole sous la belle lumière de fin septembre

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