La première AMAP de France menacée d’expulsion

Durée de lecture : 2 minutes

2 octobre 2013 / Nathalie Giraud (JNE)

Daniel et Denise Vuillon, fondateurs de la première Amap dans le Var en 2001, sont menacés d’expropriation. Le tramway, à l’origine de la menace d’expulsion, pourrait passer sur le parking de la grande surface voisine, mais les autorités en ont décidé autrement, quitte à saccager cette ferme historique.


Daniel et Denise Vuillon tiennent la ferme Les Olivades sur les communes de Toulon, Ollioures et la Seyne/Mer, dans le Var : après avoir été une propriété agricole dans la famille Vuillon depuis 1804, c’est devenu la première Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) en 2001, pour préserver les savoir-faire des paysans, ainsi que les terres nourricières proches des villes.

Aujourd’hui, le partenariat Amap(s) a dépassé les frontières françaises, notamment à Saint-Pétersbourg, à Timisoara en Roumanie, à Bamako, à Rabat, au Sénégal, en Nouvelle Calédonie et en projet au Liban.

La première menace d’expropriation date de 1988 : la situation géographique de la ferme étant exposée à la pression foncière du fait de sa proximité avec les villes, donc de l’implantation des zones commerciales, des hypermarchés et autres merveilles du monde financier. C’est un projet de tramway qui menace maintenant ces terres agricoles.

Pourtant, en 2004, les commissaires enquêteurs venus inspecter les lieux avaient proposé une alternative pouvant contenter tout le monde : le passage du tramway sur le parking de la grande surface voisine. Mais non, le tribunal administratif de Nice avait choisi de rejeter le recours. Cette injustice et les multiples rejets perdurent jusqu’à aujourd’hui.

"Quand on se rend aux Olivades, après avoir passé l’autoroute, les parkings, les files de voitures, la zone commerciale et divers dépotoirs, bref, les stigmates de la société de consommation, le visiteur cherche les Olivades et se dit : je me suis trompé de chemin.

Et pourtant, une fois franchies la haie protectrice de roseaux de Provence, la couleur apaisante et la diversité des verts des cultures et les formes harmonieuses des grands arbres dominants, qui n’a pas eu le plaisir de découvrir le site ? Le contraste avec l’extérieur saute aux yeux et chaque visiteur nous exprime spontanément cette sensation de havre et cette vision qui leur fait du bien. Nous partageons aussi ces valeurs-là, qui nous aident à préserver ce lieu." (extrait du livre L’histoire de la première Amap, par Denise Vuillon, édition L’Harmattan).


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Source : JNE (Journalistes et écrivains pour la nature et l’écologie)

Photo : Bio consom’acteurs

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