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La première gelée d’automne frappe le jardin sans pétrole

22 octobre 2016 / Christine Laurent (Reporterre)



Plusieurs plantes du jardin ont subi de plein fouet la première gelée de la saison. C’est notamment le cas du basilic perpétuel, originaire d’Afrique de l’Est.

Il fait tellement beau qu’en sortant de la gare de Chamarande, je bifurque vers la forêt et laisse ma bicyclette pour une promenade à pied dans le sous-bois lumineux, jusqu’au coteau qui surplombe le château et son immense parc de 100 hectares. On entend en rafale des bruits de bogues qui tombent au sol, éclatent et découvrent la peau luisante de fruits assez charnus pour me donner envie d’en ramasser quelques poignées. C’est le jour des châtaignes, mais Léonie a préféré rester à la maison !

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Les bogues des chataîgnes s’ouvrent en s’écrasant au sol.

Quand j’arrive au jardin dans l’après-midi, un spectacle de désolation m’attend. Les feuilles des courges et des courgettes sont toutes noircies, recroquevillées et dressée vers le ciel, comme saisies par un mal mystérieux, une sorte de feu qui a aussi atteint le basilic perpétuel et dans une moindre mesure les feuillages du yacon (la plante qui donne des poires de terre) et des haricots.

De belles tiges pourpres qui attirent les pollinisateurs 

Tous les légumes touchés viennent de l’hémisphère Sud et j’ai rapidement pensé au froid et interrogé la propriétaire du centre équestre et de notre petit lopin. « Il y a un matin, il a fait bien froid. » À cause de cette petite gelée matinale, la belle mécanique de la photosynthèse s’est arrêtée.

Il ne me reste plus qu’à ramasser les potimarrons, les verts et les orangés, et à nettoyer les tiges qui, la semaine dernière, couraient joyeusement entre fraisiers, livèche et poireaux. Je veux encore croire que les plus petites courgettes pourront grossir un peu. Mais pour le basilic perpétuel, j’hésite. C’est une plante qui peut vivre plusieurs années, et elle est censée supporter des températures jusqu’à - 5 °C. Ce petit buisson très odorant, aux feuilles vert foncé et nervurées de violet, est originaire d’Afrique de l’Est. Il a fleuri tout l’été, de belles tiges pourpres qui attirent les pollinisateurs. J’ai tenté de faire quelques boutures, mais elles n’ont pas pris. Finalement, je décide de ne pas prendre de risque. D’un ample coup de bêche autour du pied, j’ai déterré mon basilic Mountain Magic et l’ai mis à l’abri dans un pot entouré d’un feuillage de fougère protecteur. Je le rapporterai à Paris une autre fois. Aujourd’hui, j’ai suffisamment à porter sur mon vélo : sept belles courges, des carottes, deux courgettes et les châtaignes.




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Lire aussi : Jardin sans pétrole

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre
. chapô : La production de courges du jardin sans pétrole. Euh, il en manque une qu’on a déjà mangée.

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