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En brefForêts tropicales

Le Brésil suspend un accord historique contre la déforestation

Déforestation illégale dans l'État brésilien de Mato Grosso, en 2019.

À moins de trois mois du lancement de la COP30, le Brésil envoie un très mauvais signal. Le 18 août, l’autorité de la concurrence du pays a suspendu le moratoire sur le soja. Internationalement reconnu, cet accord — en vigueur depuis près de vingt ans — interdisait jusqu’ici l’achat de soja cultivé dans les territoires amazoniens déforestés après 2008.

« Acter le démantèlement d’un accord efficace […], au nom de la liberté de déforester, serait une terrible erreur », a réagi Cristiane Mazzetti, coordinatrice locale à Greenpeace. L’ONG craint qu’aussitôt l’interdiction levée, les cultures de soja recommencent à ravager le biome d’Amazonie. « À l’échelle mondiale, la fin du moratoire anéantirait également toute chance pour le Brésil de respecter ses engagements climatiques pris dans le cadre de l’Accord de Paris », ajoute-t-elle.

Depuis son instauration, ce texte n’a « jamais été un obstacle à l’expansion du soja », précise Greenpeace. Dans les municipalités concernées, une réduction de 69 % de la déforestation a été observée entre 2009 et 2022. Ce, tout en laissant en parallèle la superficie plantée de soja augmenter de 344 %.

Aux yeux de l’Autorité de la concurrence, ce moratoire établi en 2006 constituait « un accord de non-compétition entre concurrents qui nuit aux exportations ». Elle a dès lors accordé dix jours à une trentaine d’entreprises signataires — dont le géant étasunien Cargill et le leader français Louis Dreyfus — pour en sortir, sous peine d’amendes. Une manœuvre orchestrée, selon Cristiane Mazzetti, « par les tenants de l’agro-industrie régressive, qui menacent près de deux décennies de progrès, punissent ceux qui protègent les forêts et récompensent ceux qui profitent le plus de la destruction de l’Amazonie ».

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