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En brefForêts tropicales

Amazonie : les géants du soja quittent le moratoire contre la déforestation

L'association Mighty Earth craint une « reprise massive de la déforestation directe liée au soja ».

Un des principaux remparts contre la déforestation dans la plus grande forêt tropicale de la planète est en train de s’effondrer. Le 5 janvier, l’Association brésilienne des principaux négociants de soja (Abiove), à laquelle appartiennent des géants mondiaux comme l’étasunien Cargill ou le français Louis Dreyfus, a officiellement annoncé qu’elle quittait le moratoire sur le soja en Amazonie. Cette décision fait suite à une loi de l’État du Mato Grosso entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, qui supprime les avantages fiscaux pour les entreprises qui respectent encore le moratoire.

Le moratoire sur le soja en Amazonie est un accord volontaire conclu en 2006 entre de grandes entreprises commerçantes de soja et des ONG environnementales, soutenu par le gouvernement brésilien. Il interdit aux signataires d’acheter du soja produit sur des terres de l’Amazonie déboisées après le 22 juillet 2008 afin de réduire la déforestation liée à l’expansion de la culture du soja. On lui attribue une baisse d’environ 80 % du taux de déforestation liée au soja depuis sa mise en place.

« Les conséquences pourraient être dramatiques : une reprise massive de la déforestation directe liée au soja, une explosion de la déforestation indirecte, le soja repoussant l’élevage bovin toujours plus loin dans les forêts, et, à terme, un risque de bascule pour toute la moitié sud de l’Amazonie, alerte l’association Mighty Earth dans un communiqué. Cette alerte intervient alors que l’Europe importe déjà massivement du soja OGM pour nourrir ses élevages intensifs, un soja que nous ne pouvons pas produire en France, et dans un contexte de tensions croissantes autour des accords commerciaux comme le Mercosur. »

Déjà, le 18 août, l’autorité brésilienne de la concurrence (Cade) avait décidé de suspendre provisoirement le moratoire au motif qu’il pouvait être anticoncurrentiel, au grand dam des ONG environnementales. Cette décision avait été annulée par la justice fédérale brésilienne le 25 août.

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