Le Danemark mène une politique exemplaire pour promouvoir le vélo‏

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3 juillet 2013 / CarFree


A l’heure où le ministre des Transports Frédéric Cuvillier lance le « groupe de travail national modes actifs » pour doter la France d’un « plan national vélo ambitieux » pour reprendre les termes de la lettre de commande du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, le congrès international Velo-City de Vienne offre l’occasion d’en apprendre sur d’autres plans vélo nationaux. Le cas du Danemark, présenté par Mia Stampe Lagergaard et Henrik Nejst de la direction des routes au ministère des transports danois le 11 juin 2013, force le respect.

133 millions, ça paye quoi ? – 133 millions d’euros permettent de financer 330 km de réseau express vélo sur des sentiers déjà existants : assurer les continuités, aménager des priorités vélo, sécuriser, garantir un haut niveau de services. Mais 133 millions d’euros permettent aussi d’aménager 700 mètres de ligne de métro.

Ce qui représente un grand investissement pour le vélo ne l’est pas forcément pour d’autres moyens de transport. Partant de ce constat, les autorités nationales danoises ont décidé de mettre une priorité sur le vélo. Un fonds danois pour le vélo a donc été créé afin de soutenir le développement de l’usage du vélo de façon globale.

« Cycling Fund » : le fonds pour le vélo au Danemark – Le fonds vélo danois a été mis en place en 2009 dans le cadre de la politique de transports verts adopté par le parlement du Danemark. Doté de 133 millions d’euros, ce fonds soutient des projets qui participent à rendre la pratique du vélo plus attractive, répendue et sûre. Ainsi, sur la période 2009-2014, le fonds a financé des projets visant l’amélioration des conditions de la pratique cyclable sur les routes danoises (1/3 des dépenses) et soutenu des projets portés par des collectivités territoriales, locales, les entreprises ou les associations (2/3 des dépenses).

Quels projets financer ? Sept thématiques ont été retenues afin de sélectionner les projets à financer dans le cadre de ce fonds : les villes cyclables ; les communautés cyclables ; le vélo vers l’école et les loisirs ; le vélo récréatif et le tourisme à vélo ; les projets de développement et d’expérimentation ; les campagnes ; le tourisme à vélo sur les petites îles.

Sur les 221 projets financés à ce jour, les thématiques « pratiques du vélo vers l’école et les loisirs » et « communautés cyclables » regroupent le plus grand nombre de projets. Les thématiques « villes cyclables » et « communautés cyclables » représentent, quant à elles, le plus gros volume de financements alloués par le fonds national.

Quels enseignements ? La mise en place du fonds pour le vélo a permis de soutenir des projets qui n’auraient jamais vu le jour autrement. Mia Stampe Lagergaard retient deux enseignements importants : « les choses prennent du temps, il faut donc respecter le temps du projet » et « la communication est un élément vital pour le développement de l’usage du vélo ».

Perspectives danoises… et françaises ? Le fonds pour le vélo a lancé une nouvelle dynamique nationale de soutien au vélo au Danemark. La période de programmation du fonds danois pour le vélo se terminera l’année prochaine mais une nouvelle stratégie nationale pour le vélo est d’ores et déjà en préparation.

Et la France dans tout ça ? Quels seraient les effets d’un plan quinquennal de 133 millions d’euros sur la politique vélo en France ? Les Départements et Régions Cyclables qui participent aux travaux du groupe national modes actifs qui ont lieu actuellement, réclament 12 millions d’euros par an sur 10 ans… pour une population 10 fois supérieure à celle du Danemark. Ce n’est pas cher payé, même en temps de crise… si ?



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Source et photo : CarFree

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