Le gaspillage des terres se poursuit frénétiquement en Ile-de-France

Durée de lecture : 3 minutes

29 avril 2013 / Ile de France Environnement et Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles

Ecologistes et agriculteurs de la FNSEA sont unis - ce n’est pas banal - pour dénoncer la consommation rapide des terres agricoles en Ile-de-France, contraire à tous les discours.


Ile de France Environnement (IDFE) et les agriculteurs franciliens de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles dénoncent la consommation excessive des meilleures terres agricoles de notre région. Les environnementalistes et les agriculteurs sont solidaires et déterminés à défendre le patrimoine nourricier de notre région. La ville ne peut plus continuer à « dévorer » indéfiniment et sans restriction ses terres « alimentaires ».

Depuis vingt ans, selon le Schéma de Développement Régional de l’Ile de France (SDRIF 2013), notre région a perdu annuellement 1 900 ha de terres agricoles soit l’équivalent du département des Hauts de Seine en dix ans. Si ce rythme continue, un rapport publié en 2009 par Philippe Pointerau et Frédéric Coulon (Courrier de l’environnement de l’INRA n°57, pp109-120) indique qu’en 2050 la France, ayant perdu son indépendance alimentaire pour les produits courants, devra importer massivement des denrées agricoles.

La réduction de la consommation des terres est un objectif affiché du SDRIF 2013 qui va dans le bon sens. Mais cet objectif n’est ni convainquant, ni crédible, puisque l’Autorité environnementale évalue à 1 800 hectares par an jusqu’en 2030 la « perte » des territoires ruraux et naturels inscrite au SDRIF 2013 alors que la loi Grenelle impose de diviser par deux le rythme de consommation des espaces agricoles d’ici à 2020.

Des projets innombrables dans notre grande couronne francilienne vont consommer encore cette surface agricole utile pour : l’entraînement sportif du Paris St Germain (Ferme de Poult-en-Yvelines), l’aménagement économique des 400 hectares de la base aérienne de Brétigny, l’extension de l’Ecosite de Vert-le-Grand en Essonne, la création des Villages Natures d’Euro-Disney (500 ha), des installations de stockage des déchets de Claye-Souilly et des plateformes logistiques du Val Bréon en Seine-et-Marne, le golf et les centres commerciaux sur les 700 ha du Triangle de Gonesse et les terres agricoles autour de l’aéroport de Roissy dans le Val d’Oise… mais surtout par les zones d’urbanisation privilégiée autour des gares du « Grand Paris Express » censées limiter le bourgeonnement des lotissements de maisons individuelles autour des villages, bourgs et hameaux responsable de plus de 50 % de cette gabegie territoriale depuis 1994.

Sans une véritable sanctuarisation de ces terres pour l’alimentation francilienne via des Zones Agricoles Prioritaires ou des « Territoires Agricoles d’Intérêt Métropolitain », assortie d’une forte taxation des ventes de terres à destination autre que l’agriculture, cette boulimie ne s’arrêtera pas.

Les agriculteurs et les 380 associations d’IDFE demandent cette protection très renforcée des territoires agricoles et s’étonnent très fortement qu’aucun Contrat de développement territorial (CDT) n’ait été construit autour du développement agricole (horticulture, maraichage… et industries agro-alimentaires) alors que l’Ile-de-France est une région agricole très performante sur le plan végétal et possède les premières industries de transformations alimentaires de France.



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Source : Courriel à Reporterre de Ile de France Environnement (IDFE)

Photo : Bagnolet en vert

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