Le mouron, gage d’une terre équilibrée

Durée de lecture : 2 minutes

21 novembre 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

Cette semaine, l’envie de jardin a été entamée par les attentats du 13 novembre. Sans bruit, les plantes s’y épanouissent, à commencer par le mouron blanc.

La chronique du Jardin sans pétrole relate les activités qui se déroulent au jardin le week-end précédent la publication. C’est donc samedi 13 novembre que Christine comptait se rendre sur son coin de terre.


Pas le cœur à prendre le RER C et encore moins à me prendre le chou avec un possible contrôle du contenu de mes sacoches de vélo, c’est-à-dire du seau des épluchures de la semaine. Les plantes dans le jardin vont nous attendre et continuer à pousser tranquillement.

En ôtant les herbes envahissantes dans un carré de mâche, j’ai découvert la semaine précédente quelques pieds de mouron blanc. Une présence nouvelle et très attendue, car cette annuelle discrète est une des rares plantes indicatrices d’un équilibre du sol ! Elle aime les terres riches en humus et équilibrées. Elle témoigne de la digestion du compost que nous avons ajouté à la terre par des bactéries aérobies qui permettent de libérer dans le sol des minéraux assimilables par les plantes. Elle indique que ces bactéries apparues sur la Terre il y a 400 millions d’années, lors de la sortie de l’eau des plantes et des animaux, sont à l’œuvre dans notre jardin !

Se consomme aussi en salade

Il y a tant d’hectares de terre que ces bactéries semeuses d’abondance ont dû déserter par manque de matière organique à boulotter que j’ai regardé avec émotion les minuscules fleurs du mouron blanc prometteur, dont la forme étoilée a donné à la plante son nom savant : Stellaria media. En regardant de plus près, j’ai découvert la délicatesse de ses tiges ornées d’une fine ligne de poils et de feuilles ovales allant par deux.

Stellaria media, ou mouron des oiseaux.

Ce mouron-là est celui que l’on nomme aussi le mouron des oiseaux, lesquels apprécient ses graines. Il a bien trouvé sa place auprès de la mâche et de la cardamine hirsute puisque il se consomme aussi en salade.

Pour l’heure, nous allons laisser ces quelques exemplaires fleurir et produire des graines. D’autant qu’avec leurs tiges, qui rampent au-dessus du sol, ils forment une excellente protection contre la pluie, l’érosion et tous les autres maux qui frappent la terre laissée à nue.


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Lire aussi : DOSSIER : Jardin sans pétrole

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos :
.Chapô : Mouron. Wikipedia (André Karwath/CC BY-SA 2.5)
. Planche botanique : Wikimedia (domaine public)

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