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ChroniqueJardin sans pétrole

Le papillon « citron » règne sur le printemps timide du Jardin sans pétrole

Nettoyage des fraisiers et déplacement de l’arroche rouge… le programme du week-end a été réalisé sous un ciel venteux et pluvieux.

Nous avons évité les grêlons mais pas les bouchons. En choisissant d’aller au jardin dimanche, au milieu du week-end, je pensais rouler tranquillement… Calcul naïf, la circulation à l’intérieur de l’A86 est dense quoiqu’il arrive. Vu d’une voiture, le paysage urbain est bien différent de celui que l’on voit du RER. Les enseignes des supercommerçants se partagent les flancs de la N20. Les dernières terres agricoles sont affublées de pancartes annonçant de nouveaux programmes immobiliers, à Saux-les-Chartreux, à Montlhéry et jusqu’à Torfou, où un entrepôt des Mousquetaires a ouvert le plateau à l’urbanisation.

C’est une journée de grand vent dont le souffle frais, contrarié par les arbres, s’engouffre comme il peut et s’invite à notre pique-nique : le pâté, les rondelles de chou-rave et les tranches de pain perchés sur une souche de bois ont perdu l’équilibre… et notre rayon de soleil bienfaisant est soudainement remplacé par des nuages dont la sombre couleur grise nous incite à remballer nos reliefs et à nous mettre à l’abri sous la haie de thuyas.

Les tourments du ciel de mars au-dessus du Jardin.

Nous avons déjeuné tard et fait l’essentiel de notre programme : nettoyer les 3 m2 de fraisiers. Les stolons racornis sont coupés, les nouveaux fraisiers déplacés pour permettre à chacun de s’épanouir, la terre binée. Les pieds les plus anciens sont enlevés. Les petites pousses d’arroche rouge, dont les graines ont spontanément germé, sont récoltées et déplacées sur une autre butte, le long d’une bordure d’oseille qui, ainsi, sera ombragée au plus fort de l’été. La pluie qui tombe va permettre aux racines de bien s’ancrer dans la terre.

Les violettes au pied du cerisier.

Le printemps est là, encore timide. Les violettes et la véronique sont en fleur. Les feuilles des petits fruitiers se déplient. Les fèves et les pois sont sortis. Les coccinelles, les bourdons sont plus nombreux. Un papillon « citron » traverse le jardin. Ce papillon (Gonepteryx rhamni) a une longévité peu habituelle chez les lépidoptères, d’une dizaine de mois. Il passe l’hiver dehors, seul, accroché sur une feuille de plante persistante, comme la bourdaine ou d’autres nerpruns. Souvent, comme dans notre jardin, il niche dans le lierre. C’est un des premiers papillons à voler dès la fin de l’hiver mais quand la température grimpe, il se met au repos et ne réapparait qu’à l’automne.

Cette pluie nous a refroidi. Il est temps de remplir notre panier d’oseille, d’un peu de ciboulette, de salades diverses (mâche, cresson de Turquie, chicorée de Vérone, roquette, cardamine hirsute) que nous complétons par quelques pissenlits du sous-bois à peine échappés des feuilles de chênes qui jonchent le sol.

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