Le réveil de la Force Jedi contre les étoiles noires du climat

Durée de lecture : 2 minutes

16 décembre 2015 / Entretien avec Nathalie Delhommeau

Les JEDI for Climate puisent leur inspiration dans la série Star Wars. Depuis avril 2015, ils multiplient les actions pour l’écologie, toujours du bon côté de la Force. À l’occasion de la sortie ce mercredi d’un nouvel épisode du film, Reporterre a rencontré l’une de ces Padawan.

Nathalie Delhommeau est « écolocoach » et s’est engagée dans l’ordre des combattants aux sabres laser, avec les Jedi for the climate.


Reporterre – De quelle manière les films Star Wars vous influencent-ils ?

Nathalie Delhommeau – Quand Georges Lucas a sorti Star Wars (La guerre des étoiles), il s’est appuyé sur la théorie du « bon guerrier ». Aujourd’hui, cette notion s’accorde avec la désobéissance civile et l’auto-éducation à la contestation. Quand on est rempli de colère, il faut savoir la contrôler et bien l’utiliser. Comme le fait maître Yoda quand il va dans la forêt. C’est essentiel afin de clarifier son message et de ne pas le fausser. Il ne faut jamais se tromper de discours ni de cible. De plus, il faut savoir que Georges Lucas est le plus grand donateur de Greenpeace et que la planète Naboo, qui est défendue par les Jedi, est celle des peuples autochtones. Star Wars est une série écologiste, dans la veine artistico-intellectuelle de Greenpeace et des mouvements sociaux des années 1970 lancés par ceux qui ne voulaient pas aller au Vietnam.

Les Jedi for climate lors de la chorale intergalactique devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 9 décembre.

Qu’est-ce que la logique du « bon guerrier » ?

Le bon guerrier, c’est celui qui est en permanence dans l’auto-apprentissage et l’auto-réflexion. Nous sommes tous des Padawan. Notre but est de savoir garder notre énergie pour la lâcher au bon moment. On s’attache toujours à bien définir nos cibles, nos « étoiles noires », et à réfléchir sur la façon de les toucher. Cette vision des choses est un peu manichéenne, mais on a de vraies étoiles noires en ce moment en France, comme Manuel Valls.

On fonctionne aussi par épisodes : le premier, c’était les « pipo’lazers » avec Xavier Beulin et au salon des Solutions 21 au Grand Palais. Le deuxième épisode, c’étaient les actions au marché de Noël, le troisième, la chorale intergalactique.

- Voir la video de l’action :

En quoi le lien avec Star Wars influence-t-il le message que vous portez ?

Pour Notre-Dame-des-Landes, on s’est planté à 200 sur le parvis de la cathédrale de Notre-Dame de Paris pour monter la chorale intergalactique qui demandait au Petit Papa Hollande d’abandonner définitivement le projet d’aéroport. Et personne ne nous a sortis, alors qu’on était dans un endroit hyper-sécurisé. Mais, avec l’humour, on ne pouvait pas nous arrêter. Les JEDI du Climat sont dans une maîtrise de la force qui permet de faire des attaques au bon moment, au bon endroit. Savoir taper là où ça fait mal. Ces actions des JEDI déclenchent aussi des signaux culturels et permettent aux gens de mieux comprendre le message envoyé. Parce que Star Wars est une mythologie multiculturelle.

- Propos recueillis par Maëlle Ausias

L’opération « pipo’lazer » contre la conférence de Xavier Beulin (à l’arrière-plan, au centre) à Sciences-Po, le 3 octobre.

Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Lire aussi : Pourquoi mener des actions de désobéissance civile pour le climat ?

Source : Maëlle Ausias pour Reporterre

Photos :
. Chapô : Extrait de Star Wars. Flickr (ScypaxPictures/CC BY-ND 2.0)
. Chapô : Opération « pipo’lazer » contre Saint-Gobain, le 17 octobre 2015, à Paris. Blog des JEDI
. Chorale : Facebook
. Pipo’lazer : Blog des JEDI

THEMATIQUE    Climat Luttes
27 août 2019
Au Camp Climat, plus de militants et plus déterminés
Reportage
25 juillet 2019
Éradiquer les punaises de lit, une véritable guerre des nerfs
Enquête
27 juillet 2019
Quand une coopérative ouvrière relance la culture locale du tilleul
Alternative


Sur les mêmes thèmes       Climat Luttes