Les belles récoltes commencent au jardin sans pétrole

25 juin 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Eté et chaleur se conjuguent pour prodiguer ses premiers fruits au jardinier émérite. Mais le mouron rouge et les pucerons s’invitent au festin...

Le jardin est en pleine forme. Tout le monde à son content d’eau et de soleil. Notre terre est plus amène, offrant semble-t-il ce qu’il faut de nourriture à chacun. Elle garde sa nature peu propice à la formation du complexe argilo-humique, que nous rappelle la présence intempestive du mouron rouge, plante indicatrice des terrains légers, sableux, bien ressuyés, riches en nitrate.

Anagallis arvensis, herbacée annuelle poussant en touffe, a souvent l’air un peu avachie avec ses tiges portant des petites feuilles ovales et pointues, poussant au sol sans ramper vraiment. En juin, elle commence à fleurir : petite tâche rouge vermillon, point de repère dans le vert qui domine, nous permettant de les enlever avant qu’elles ne se transforment en fruits, en capsules pleines de graines.

A force d’apporter du compost, de laisser sur place les racines, les herbes indésirables arrachées et de pailler, notre terre commence à avoir une certaine consistance végétale. Les arbustes aussi entrent dans la maturité.

C’est une belle journée de récolte, dans le soleil, installée sur un siège pliant de pêcheur, à égrainer les fruits rouges que nous transformerons en confiture durant le week-end. Les premières !

Il y a toujours des pois gourmands et de la salade, de la menthe et de la ciboulette, des blettes et de l’arroche rouge. On ne déterre pas les plantes, on coupe au dessus-des premières feuilles et la plante repousse en donnant deux tiges au lieu d’une !

Les coccinelles s’en donnent à coeur joie.

Derrière ce décor idyllique, un drame se joue sur les cardons. Des centaines de pucerons forment des masses sombres sur les feuilles et plus encore sur les fleurs encore en bourgeon. En s’approchant, on distingue les fourmis, telles des sentinelles qui veillent à la production du miellat sucré produit par les pucerons à partir de la sève de nos cardons. Il y a aussi des coccinelles qui copulent frénétiquement, encouragée par tant de nourriture. Des amas granuleux, jaune d’or sous les feuilles, montrent qu’elles ont déjà bien pondu. Pour autant, je ne vois aucune larve...

Qui l’emportera dans ce combat entre fourmis et coccinelles ? Entre la besogneuse végétarienne et la bête à bon dieu carnivore ? Nous verrons bien.

En attendant, nous pouvons nous réjouir des cardons para-pucerons qui protègent nos rosiers et autres plantes.




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Source et photos : Christine Laurent pour Reporterre

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