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En brefNature

Les effets insoupçonnés de la lumière des lampadaires sur les arbres

Un sophora du Japon.

Les lampadaires ont des effets écologiques insoupçonnés. Une étude menée par des chercheurs chinois démontre que les feuilles des arbres éclairés toute la nuit par un halo artificiel deviennent si dures que les insectes rechignent à les consommer.

L’équipe de chercheurs à l’origine de cette étude a émis l’hypothèse que la lumière artificielle nocturne influençait les propriétés nutritives et défensives des plantes qui, à leur tour, influencent les conditions de vie des insectes herbivores et des prédateurs qui en dépendent. D’après les chercheurs, la lumière des villes la nuit rallonge la photosynthèse et modifie la structure et la composition des feuilles des arbres. Ce qui va avoir un effet domino sur les écosystèmes urbains.

Les chercheurs ont récolté près de 5 500 feuilles sur deux espèces d’arbres de rue — le sophora du Japon et le frêne rouge d’Amérique — situés le long de plusieurs artères éclairées de 19 h 30 à 5 heures à Pékin. Ils ont mesuré leur taille, leur rigidité, leur teneur en eau, en nutriments et en tannins. Les feuilles qui poussent dans des conditions de luminosité quasi permanente développent plus de fibres et de tannins, ce qui accroît leur résistance et les rend plus difficiles à boulotter par les insectes. De plus, comme les feuilles plus résistantes se décomposent plus lentement, cela affecte le cycle des nutriments.

Comparé au frêne rouge d’Amérique, le sophora du Japon présente des feuilles plus petites et plus douces, ce qui les rend plus attrayantes pour les insectes herbivores. Mais les effets des lampadaires sont identiques. « On a constaté que chez les deux espèces, la lumière artificielle entraînait une plus grande résistance des feuilles, ce qui les rend moins comestibles pour les insectes herbivores, explique le docteur Shuang Zhang, un des coauteurs de l’étude. Les faisceaux des lampes à sodium peuvent influencer certains processus fonctionnels et écologiques clés liés à l’herbivorie et au cycle des nutriments. »

En conclusion, la lumière artificielle influence la taille, la résistance, la composition, la robustesse des feuilles ainsi que leur teneur en éléments nutritifs. Or, l’ensemble de ces caractéristiques a des effets sur de nombreuses interactions telles que l’herbivorie, la prédation et les fonctions des écosystèmes. En modifiant ces caractéristiques, les halos lumineux artificiels des lampadaires peuvent priver les insectes herbivores de leur pitance.

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