Les ocas du Pérou, petits frères méconnus de la pomme de terre

14 octobre 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Il fait beau et chaud, c’est l’été indien. Dont profite une espèce peu connue qui vient d’Amérique latine : les ocas du Pérou prospèrent à l’automne.

Il n’y a pas que les New Yorkais qui ont leur été indien... La belle saison se prolonge et nos récoltes estivales aussi. Bien sûr, l’ensoleillement faiblissant et les températures se rafraîchissant le matin, la production décline. Mais cette semaine nous cueillons encore une grosse poignée de haricots verts et deux honorables courgettes. Nous en laissons quatre, trop petites, en espérant que les températures clémentes dureront encore un peu.

Il y a bien d’autres plantes potagères et sauvages comestibles à cette saison. Les radis noirs, navets et feuilles de mâche, semés en août, commencent à donner. Les poireaux, semés au printemps et repiqués en juillet aussi. La cardamine hirsute est à nouveau là pour enrichir de son petit goût piquant les scaroles et la cressonnette marocaine.

Les ocas du Pérou étalent leur feuillage en forme de trèfle, d’un vert luxuriant porté par des tiges charnues et rougeâtre, couchées à terre. Nous en avons planté quelques tubercules l’année dernière achetés dans un magasin bio. L’hiver dernier, nous avons conservé cinq exemplaires de notre première récolte à la cave, dans un pot rempli de sable. Les tubercules sont de forme ovale, plutôt allongés, avec des dépressions et des renflements. Leur allure est proche de cette très ancienne variété de pomme de terre remise au goût du jour et que l’on nomme Vitelotte.

Les ocas du Pérou, proches d’une ancienne variété de pomme de terre, la Vitelotte

Mais les ocas, originaire du plateau andin, ont la peau bien plus lisse. Une variété de couleur jaune a d’abord été introduite en Angleterre en 1829. Puis en 1850, le Muséum d’histoire naturelle de Paris reçu quelques tubercules envoyés par le consul de France à Quito, M. Boursier, d’une variété à peau rouge. Elle fut ainsi acclimatée et diffusée, mais sans connaître un grand succès. Il est vrai qu’il faut être patient pour cultiver l’Oxalis tubéreux (Oxalis crenata). Plantés mi-avril, les tubercules ne se multiplient qu’à l’automne et il faut attendre les premières gelées pour les récolter. Un temps bien plus long que celui nécessaire à la maturation des pommes de terre, lesquelles se rapprochent de l’oca par la forme et l’usage.

En attendant les ocas, continuons à préparer le jardin pour l’hiver. Maintenant que toutes les pousses de ronces sont disciplinées sur la clôture, nous pouvons mettre des tuteurs pour soutenir les framboisiers, débroussailler autour de leurs pieds et ajouter un paillage. Nous ramassons aussi les dernières tiges de rhubarbe et endormons les souches sous une bonne couche de compost.




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos :
. chapô : ocas du Pérou (ooreka)
. autres : © Christine Laurent/Reporterre

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