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Rivières : les poissons exposés au Prozac voient leur comportement altéré

De faibles concentrations de cette molécule ont affecté l'état général des poissons et la vitalité du sperme des guppys mâles sur plusieurs générations.

La consommation de produits pharmaceutiques a augmenté sur l’ensemble de la planète. Les résidus qui passent à travers les mailles des usines de retraitement des eaux usées terminent dans les rivières, lesquelles se transforment alors en bouillons médicamenteux : hormones, produits de chimiothérapie, antibiotiques, médicaments contre la tension artérielle, antidépresseurs… Autant de produits que notre organisme ingurgite en partie mais que nous éliminons via nos urines.

Pour déterminer les conséquences de cette pollution sur la faune sauvage, une équipe dirigée par des chercheurs des universités de Monash (Australie) et de Tuscia (Italie) a prélevé 3 600 guppys dans une rivière australienne, afin de les exposer au principe actif du Prozac (un antidépresseur), la fluoxétine. Celle-ci est « assez omniprésente » dans les cours d’eau selon l’une des autrices de l’étude Upama Aich. Publiée dans la revue Animal Ecology, l’étude révèle que de faibles concentrations de cette molécule ont affecté l’état général des poissons et la vitalité du sperme des guppys mâles sur plusieurs générations.

Des spermatozoïdes plus lents

Les chercheurs ont réparti les guppys dans des aquariums et, pendant cinq ans, leur ont administré différentes concentrations de fluoxétine : zéro ; faible (31,5 nanogrammes par litre) ; élevée (316 ng/L), conformes aux niveaux trouvés dans l’environnement.

Selon Upama Aich de l’Université Monash, une faible exposition affecte l’état des mâles de la population, « ce qui est vraiment important, non seulement pour l’accouplement, mais aussi pour se battre avec d’autres mâles et pour leur survie globale ». L’exposition à de faibles doses réduit également la vitesse des spermatozoïdes mais augmente la longueur du gonopodium, un organe en forme de nageoire utilisé pour fertiliser la femelle. Par ailleurs, la variation de l’activité et le comportement de prise de risque se réduit, ce qui pourrait affecter la capacité des guppys à réagir aux changements dans la nature. D’après Aich, les changements observés doivent être pris comme un avertissement quant à leur capacité à « vivre, survivre et prospérer dans un environnement pollué ».

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