« Ma petite-fille a paniqué » : à Marseille, touchée par les feux
Un violent incendie a parcouru plus de 700 hectares entre Les Pennes-Mirabeau et Marseille, le 8 juillet 2025. - © Nathan Limasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Un violent incendie a parcouru plus de 700 hectares entre Les Pennes-Mirabeau et Marseille, le 8 juillet 2025. - © Nathan Limasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Un violent incendie s’est déclaré aux Pennes-Mirabeau et a atteint Marseille le 8 juillet. Plus de 700 hectares ont brûlé. « J’ai vu mon fils avec les flammes qui montaient jusqu’à la hauteur de son torse », raconte une habitante.
Marseille (Bouches-du-Rhône), reportage
« Des incendies, on en a connus. Mais des comme ça, de cette intensité, jusqu’à nos portes, c’est nouveau », dit un habitant de l’Estaque, ce quartier tout au nord de Marseille dans le 16e arrondissement.
Tandis que la nuit tombe le 8 juillet, des flammes orange et des gyrophares bleus brillent par intermittence dans la colline qui nous domine. Elle est désormais toute noire après un incendie « particulièrement véloce », selon le qualificatif du ministre de l’Intérieur venu dans la soirée au poste de commandement des secours installé dans le quartier de Saint-Antoine (15e arrondissement).
L’incendie est parti d’un véhicule en feu à la jonction des autoroutes A55 et A7 sur la commune des Pennes-Mirabeau peu avant 11 heures mardi 8 juillet. Il a atteint des zones résidentielles du 16e arrondissement de Marseille quelques heures plus tard. Depuis, « le feu est en très nette régression » mais n’est pas fixé, a déclaré le préfet des Bouches-du-Rhône. La circulation des TGV reprend mercredi 9 juillet.
Sécheresses et chaleur ont attisé le feu
S’il a atteint une telle vigueur, c’est que, depuis la mi-juin, la région subit des températures proches de 40 °C. « La vague de chaleur [...] a accentué la sécheresse des sols et fragilisé la végétation », analyse Météo-France. Depuis dimanche 6 juillet, le mercure est redescendu sous les 30 °C, mais le mistral, jusqu’à 90 km/heure en rafales, a pris le relais pour attiser l’incendie. Il devrait souffler fort, au moins encore pour la journée du 9 juillet.
Habitante des hauts de l’Estaque, Thérèse Autexier, 79 ans, s’apprête à entrer dans l’un des quatre gymnases mis à disposition par la Ville pour accueillir les personnes évacuées, aux alentours de 21 h 30. Elle rembobine les heures angoissantes qu’elle vient de vivre. « À 2 heures de l’après-midi, le feu commençait à s’approcher, raconte-t-elle. Alors, quand les flammes ont cerné la maison, c’est mon fils qui les a atténuées avec une pelle et l’arrosage. J’ai vu mon fils avec les flammes qui montaient jusqu’à la hauteur de son torse. Ma petite-fille a été prise de panique, elle a crié, elle appelait son père. Mon fils ne voulait rien entendre, il voulait sauver la maison », expose l’Estaquéenne.
« On avait une pinède magnifique devant chez nous »
Tous les membres de la famille Autexier ont finalement été évacués par des policiers vers 16 heures à destination du port de l’Estaque. Retrouvera-t-elle sa maison intacte ? « Ce que nous appréhendons, ce sont les dégâts, la désolation. Parce qu’on avait une belle pinède devant chez nous, magnifique », soupire-t-elle.
Un panache de fumée irrite Marseille
Plus de 700 hectares de pinèdes et de garrigue sont dévastés. Plusieurs centaines d’habitants des Pennes-Mirabeau et de Marseille ont quitté précipitamment leur habitation. Une soixantaine de logements ont été endommagés par les flammes, selon les autorités.
Le panache de fumée a couvert Marseille d’un air irritant pour les yeux et pour la gorge. « La qualité de l’air est significativement dégradée », selon Atmosud. Les particules présentes dans l’air « sont dix fois supérieures aux normes journalières », alerte Dominique Robin, le directeur de cet organisme de surveillance de la qualité de l’air, auprès du média Made in Marseille. Une centaine de personnes, dont quelques pompiers, a été intoxiquée par les fumées.
Ils sont 1 000 à être mobilisés, dont des renforts de tout le Sud-Est — des Alpes-Maritimes, du Var, du Vaucluse — ainsi que de l’Ain et de la métropole de Lyon. « C’est une mauvaise saison qui commence pour nous », lâche un pompier.