Municipales 2026 : comment s’en sortent les écologistes au premier tour ?
Grégory Doucet, le maire sortant écologiste de Lyon, le 15 mars 2026. - © Arnaud Finistre / AFP
Grégory Doucet, le maire sortant écologiste de Lyon, le 15 mars 2026. - © Arnaud Finistre / AFP
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Municipales — À Paris, Rachida Dati a été devancée par le candidat de gauche Emmanuel Grégoire tandis qu’à Lyon comme à Bordeaux, Les Écologistes sont en tête. À Marseille, la gauche et l’extrême droite ont 35,4 % des voix chacune.
Six ans après la surprise écologiste, la vague verte qui avait déferlé sur les grandes villes de France lors des élections municipales de 2020 sera-t-elle un lointain souvenir ?
À 17 heures, dimanche 15 mars, l’estimation du taux de participation s’élevait à 48,9 % pour le premier tour des élections municipales 2026. C’est un peu plus qu’en 2020 dont le premier tour du scrutin avait été marqué par l’épidémie de Covid-19, mais bien moins qu’en 2014 où 63,6 % des électrices et électeurs avaient pris part au vote. Quoi qu’il en soit, ce nombre confirme une tendance à la baisse depuis 1995.
Au niveau national, quelques minutes après 20 heures, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI), a déclaré tendre « la main aux autres listes engagées dans ce scrutin pour permettre, partout où la droite et l’extrême droite menacent, la constitution d’un front antifasciste ». Olivier Faure, patron du Parti socialiste (PS), a refusé un accord national entre son parti et LFI, mais sans fermer la porte à des alliances locales.
De son côté, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a appelé à « éliminer la droite et l’extrême droite » au second tour des municipales. Elle répondait à Raphaël Glucksmann, le dirigeant de Place publique, qui refuse toute alliance avec La France insoumise.
Paris : Emmanuel Grégoire aurait 36,5 % des voix
À Paris, les premières estimations donnent en tête le socialiste Emmanuel Grégoire (soutenu par Les Écologistes et le Parti communiste), qui recueillerait 36,5 % des voix. Rachida Dati, candidate Les Républicains soutenue par Emmanuel Macron, serait en seconde position, loin derrière avec 24,9 %. L’insoumise Sophia Chikirou (13,7 %) et Pierre-Yves Bournazel (Horizons, soutenu par Renaissance, 11,8 %) réussiraient à se qualifier. Sarah Knafo (Reconquête, extrême droite) n’aurait pas atteint le seuil qualificatif de 10 % des voix.
L’union se fera-t-elle entre Emmanuel Grégoire et Sophia Chikirou au second tour, pour éviter que la capitale ne bascule à droite, après vingt-cinq ans de gouvernance socialiste ? « Seule la liste que je conduis peut l’emporter face au danger bien réel » de la droite et de l’extrême droite, a déclaré Emmanuel Grégoire après 21 heures, sans mentionner une seule fois Sophia Chikirou. Celle-ci a annoncé qu’elle « attendait [l’]appel » d’Emmanuel Grégoire et que s’il ne voulait pas d’une « convergence [...] pour faire un front antifasciste », elle se maintiendrait au second tour et déposerait sa liste lundi 16 mars au soir.
Lyon : l’écologiste Grégory Doucet en tête
À Lyon, après une campagne bouleversée par la mort de Quentin Deranque, ce jeune militant néofasciste mort à la suite d’affrontements en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon, le maire écologiste sortant Grégory Doucet se hisserait à la première place avec 37,5 %. Le « candidat trumpiste », Jean-Michel Aulas, soutenu par plusieurs partis de droite et du centre (Les Républicains, Renaissance, UDI, Modem) arriverait juste derrière avec 35,4 %. « La remontada de Grégory Doucet à Lyon est historique », a écrit sur le réseau social X la patronne des Écologistes Marine Tondelier.
L’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi se qualifierait tout juste pour le deuxième tour avec 10,9 %, contrairement au candidat UDR-RN, Alexandre Humbert Dupalais. Déterminée à faire barrage contre Jean-Michel Aulas, il y a quelques semaines, la candidate LFI s’était dite prête à « un désistement au second tour » ou à « une fusion sur la base du programme » avec Grégory Doucet, qui ne s’est pas encore exprimé sur le sujet.
Marseille : gauche et RN au coude-à-coude
À Marseille, qui avait basculé à gauche en 2020 après vingt-cinq ans de gouvernance de la droite, le maire sortant Benoît Payan (union des gauches et des écologistes hors LFI) serait au coude-à-coude avec le candidat d’extrême droite du Rassemblement national Franck Allisio, avec 35,4 % des voix chacun. L’insoumis Sébastien Delogu, qui aurait obtenu 12,3 % des voix, a déclaré dans un communiqué « tendre la main » à Benoît Payan, pour constituer au second tour « un front antifasciste » pour empêcher le Rassemblement national de conquérir Marseille. Martine Vassal, candidate Les Républicains, aurait obtenu 13,1 %.
Des villes écologistes avec de bons scores
À Bordeaux, le maire écologiste sortant Pierre Hurmic à la tête d’une liste d’union atteindrait la première place avec 27,7 %, sans pour autant réellement distancer le candidat Renaissance Thomas Cazenave (25 %). Arriverait ensuite l’économiste et sa liste « citoyenne » et « hors système », Philippe Dessertine (19,9 %). L’insoumis Nordine Raymond ne se qualifierait pas pour le second tour (9,6 %).
La maire sortante écologiste de Poitiers Léonore Moncond’huy arriverait en tête avec 28,3 % des voix, mais six listes pourraient potentiellement se maintenir au second tour, selon une estimation Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL. Juste derrière elle, on trouverait Anthony Brottier (23,6 %), candidat macroniste déçu de 2020 qui se présente aujourd’hui sans étiquette. Viendraient ensuite l’insoumis allié aux communistes Bertrand Geay (12,5 %) et le candidat investi par le PS François Blanchard (11,5 %). Le candidat du RN et de l’Union des Droites Charles Rangheard atteindrait 10,5 % des voix et la candidate Renaissance Lucile Parnaudeau 10 %. En 2020, avec 42,83 % des voix, l’écologiste de 35 ans avait été élue au second tour à la tête de cette ville de 90 000 habitants après un demi-siècle de socialisme.
Des villes écologistes devancées
À Strasbourg, la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian est en difficulté. C’est l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann — qui a géré la capitale alsacienne de 1989 à 1994 puis de 2000 à 2001 — qui serait en tête, avec 25,1 % des voix. Le candidat Les Républicains Jean-Philippe Vetter serait en deuxième position, devant l’écologiste qui ne recueillerait que 18,8 % des voix. Elle avait obtenu 27,88 % des voix au premier tour en 2020, loin devant Catherine Trautmann (19,78 %) et Jean-Philippe Vetter (18,27 %). Son score ressemble donc à un aveu d’échec. Reste à voir si elle cherchera à s’allier avec le candidat insoumis Florian Kobryn, qui aurait obtenu 11,8 % des voix.
Selon les premières estimations Ipsos/BVA publiées à 20 heures, la maire écologiste sortante de Besançon, Anne Vignot (33,6 %), serait devancée par le candidat de droite Ludovic Fagaut (Les Républicains, 39,6 %). Lors des précédentes élections, il y a six ans, l’écologiste avait obtenu au premier tour 31,21 % des voix, contre 23,59 % pour son rival. Celui-ci progresse donc de 16 points. Au second tour en 2020, Anne Vignot ne l’avait emporté qu’à 566 voix près. La victoire verte semble donc compromise cette année au second tour, à moins d’une union avec la candidate insoumise Séverine Véziès, qui devrait pouvoir se maintenir, avec 10,9 % des voix exprimées.
L’AFP rappelle que Séverine Véziès avait indiqué qu’elle tendrait la main entre les deux tours à Mme Vignot, cette dernière entendant examiner cette proposition « sous conditions ».
L’écologie sur la touche
À Toulouse, le maire actuel, Jean-Luc Moudenc (divers droite), qui n’a cessé de dénoncer, selon ses mots, l’écologie « punitive » de ses opposants, arrive en tête de ce premier tour avec 37,8 %. Le candidat insoumis François Piquemal, très présent sur le terrain, arrive derrière avec 25,4 %, à égalité avec le socialiste François Briançon. Julien Leonardelli, pour le RN, ne sera pas au second tour (6,4 %).
Éric Ciotti (Union des droites pour la République) arrive en tête à Nice avec 41 % des voix. Le maire sortant, Christian Estrosi (Union de la droite), qui brigue un quatrième mandat, arrive en seconde position avec 31 %. Les deux anciens piliers du parti Les Républicains s’affrontent depuis plusieurs mois dans une campagne tendue. Viennent ensuite l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux (12,2 %) et l’insoumise (9,8 %).
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