Perrier, Contrex et Hépar ont purifié illégalement leur eau contaminée
30 % des marques seraient concernées. - Pexels/CC/George Becker
30 % des marques seraient concernées. - Pexels/CC/George Becker
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L’eau en bouteille ne serait donc pas si « pure » qu’annoncé. Selon une enquête du Monde et de la cellule investigation de Radio France, Nestlé et d’autres industriels ont caché au public que l’eau qu’ils pompaient était contaminée. Pour continuer de la mettre en bouteille, ils ont eu recours à des systèmes de purification interdits. Contrex, Hépar, Perrier… 30 % des marques seraient concernées.
Pour bien comprendre, une précision : les bouteilles d’eau minérales sont censées être « pures », donc ne nécessiter aucun traitement. Or les ressources aquifères exploitées par Nestlé et d’autres groupes sont régulièrement contaminées, notamment par des bactéries de type Escherichia coli, mais aussi par des métabolites de pesticides.
Selon Nestlé Waters, interrogé par les deux médias enquêteurs, « l’évolution des conditions climatiques et environnementales, avec la multiplication d’évènements extrêmes, à l’instar de sécheresses ou d’inondations, combinés à l’expansion des activités humaines autour de nos sites, rend très difficile le maintien de la stabilité des caractéristiques essentielles d’une eau minérale naturelle ». Résultat : pour continuer à vendre leur or bleu, les multinationales ont procédé à des traitements illégaux. Les premières alertes remontent à 2020, après un signalement de fraudes au sein du groupe Sources Alma, qui produit une trentaine d’eaux en bouteille en France, dont Cristaline. Le gouvernement était quant à lui au courant du problème depuis 2021.
Des études qui s’accumulent depuis plusieurs années tordent le cou à cette idée d’une « pureté » de l’eau en bouteille. Métaux lourds, pesticides, microplastiques, bactéries pathogènes, virus : d’après un rapport des Nations unies publié l’an dernier, de nombreuses contaminations de l’eau embouteillée ont pu être observées à travers la planète. À l’inverse, l’eau du robinet « est généralement de bonne qualité et potable dans la plupart des pays à revenu élevé », mais également « très réglementée et fréquemment testée », selon les experts onusiens. En France, 98 % de la population consomme une eau de très bonne qualité microbiologique.
Les multinationales de l’embouteillage sont régulièrement pointées du doigt, car elles privatisent des sources d’eau. À Vittel ou ailleurs, elles épuisent les ressources souterraines afin de vendre des millions de bouteilles. Non sans tromper les consommateurs, comme le montre l’enquête de Radio France et Le Monde.