Plus de la moitié des Français souffrent de la chaleur dans leur logement
- © E.C / Reporterre
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En 2023, 55 % des Français ont eu trop chaud dans leur logement pendant au moins vingt-quatre heures, a révélé le 21 août la Fondation Abbé Pierre (FAP), en se basant sur les données du baromètre du médiateur national de l’énergie. La Fondation indique également que le nombre de personnes vivant dans des logements « trop chauds » a lui augmenté de 26 % depuis 2013.
Face à des vagues de chaleur plus intenses, plus fréquentes, et plus longues, « de plus en plus de personnes subissent l’inadaptation, voire l’inhabitabilité de leur logement plusieurs mois par an », souligne l’association qui lutte contre la précarité du logement. Elle dénonce le « degré zéro de l’action publique » pour adapter les logements aux effets du changement climatique.
L’association recommande des évolutions réglementaires, comme intégrer une température maximale dans les critères de décence des logements ou intégrer systématiquement des travaux d’adaptation aux vagues de chaleur aux rénovations énergétiques subventionnés par l’État.
Fortes inégalités sociales
La surchauffe, en particulier dans les appartements en ville, est provoquée par la mauvaise isolation et le manque de ventilation, ainsi que l’absence d’espaces extérieurs ou de volets pour se protéger des rayons du soleil. À ces disparités s’ajoutent de fortes inégalités sociales, puisque les moins de 25 ans, les mères célibataires, les personnes âgées, physiologiquement plus vulnérables, ainsi que les ménages modestes sont les plus touchés. 70 % des locataires souffrent de la chaleur en été, contre 54 % des propriétaires, selon une enquête Ipsos-RTE de 2023.
37 % des ménages modestes déclarent souffrir de la chaleur dans leur logement, contre 20 % chez les ménages plus aisés, selon le baromètre Sobriétés et modes de vie 2024 de l’Ademe. Cette vulnérabilité s’explique notamment par « la morphologie urbaine des quartiers populaires, dont le manque d’espaces verts et la bétonisation favorisent les îlots de chaleur urbains. Les ménages y vivent souvent en surpeuplement, dans des logements de mauvaise qualité et rarement équipés de climatisation », analyse la Fondation Abbé Pierre.