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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Jardin sans pétrole

Repiquer tomates et basilic, tout un art, au Jardin sans pétrole

Un mélange de feuilles d’orties et de consoudes, une pelletée de compost de terre, bien arroser, respecter le collet - et voilà, on a repiqué la tomate.

Nous sommes partis très enthousiastes avec l’auto remplie de petits godets de pieds de tomate et de basilic, récupérés sur les hauteurs de Bagnolet, chez une amie qui les a bichonnés. Dix semaines de soins pour que leur taille et la température extérieure permettent de les installer dans le jardin. On a aussi embarqué une chaise en bois trouvée sur le trottoir et un bidon de mélange bicarbonate de soude et savon noir, qui se révèle être efficace contre les maladies fongiques des végétaux. Nous en aurons besoin pour lutter contre le mildiou qui attaque les tomates dès que l’humidité s’installe.

Noire de Crimée, Cerisette Brin de Muguet, Rose de Berne et jaune Ida Gold. Douze pieds en tout, qui ont pris la place des courges et des salades. Sur cette planche, je mettrai aussi du basilic et des choux.

Dans chaque trou de repiquage, j’ai d’abord placé un mélange de quelques feuilles d’ortie, prêle et consoude, qui poussent juste à côté, puis, ajouté une pelletée de compost et de la terre en veillant à enterrer suffisamment la tige pour assurer la stabilité du pied, et enfin arrosé copieusement. Il faut faire attention, lorsque l’on repique les plantes, à ne pas trop enterrer la tige et à respecter ce que l’on appelle le collet, sorte de boursouflure qui signale la limite entre la racine et la tige. Mais les tomates n’obéissent pas à cette règle jardinière. Alors autant les arrimer au sol en prévision des coups de vents.

Déjeuner au jardin : lentilles agrémentées d’une salade de radis et de ciboulettes

Il n’a pas plu sur le jardin : moins de deux millimètres d’eau dans le pluviomètre. Quand nous avons enlevé le paillage pour permettre à la terre de se réchauffer et limiter l’effet « hôtel à limaces » du couvert trop dense, nous avions étalé une couche de compost ; cette couche a été efficace pour protéger la terre, mais là où nous en avions mis trop peu ou pas du tout, je retrouve la croûte sèche et dure...

Dans la brume du soir

Il est temps de sortir les copeaux de peuplier. Cette biomasse recueillie sur un chantier de menuiserie, il y a deux ans maintenant, nécessite d’être complété par des apports d’azote, comme les herbes coupées qui ne manquent en ce moment. Nous mettons nos fauches sur les buttes avant d’y ajouter les copeaux.

Il est déjà tard. Alors que nous finissons de mesurer le jardin pour en faire un plan, le soleil est déjà bien caché derrière la haie de thuyas. Nous roulons sur la N20 sans encombre, après la fermeture des centres commerciaux qui la bordent.

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