En bref — Climat : de COP en COP
Un pétrolier nommé président de la COP29 en Azerbaïdjan
Mukhtar Babayev (sur les deux écrans en haut de l'image), a travaillé plus de 20 ans pour la compagnie pétrolière nationale d'Azerbaïdjan. - Dean Calma / IAEA / CC BY 2.0 Deed
Mukhtar Babayev (sur les deux écrans en haut de l'image), a travaillé plus de 20 ans pour la compagnie pétrolière nationale d'Azerbaïdjan. - Dean Calma / IAEA / CC BY 2.0 Deed
Les COP sont-elles devenues un repère de pétroliers ? Après la COP28 à Dubai dirigé par Sultan Al Jaber, ministre de l’Industrie et président du géant pétrolier émirati Adnoc, on apprenait la semaine dernière que l’Azerbaïdjan avait nommé président de la COP29 Mukhtar Babayev, un vétéran de la compagnie pétrolière nationale.
Mukhtar Babayev a travaillé pendant plus de vingt ans pour la compagnie pétrolière State Oil Company of Azerbaïdjan avant de devenir ministre de l’Écologie et des ressources naturelles. Peu connu des diplomates pour le climat, Mukhtar Babayev fait aussi partie des leaders de la principale force politique du pays dirigée par le président autocrate azerbaïdjanais Ilham Aliev.
« Un sentiment de déjà-vu »
Sa nomination inquiète plusieurs ONG. Même si les présidents de COP n’ont pas de rôle décisionnaire, ils sont essentiels pour encadrer les négociations et proposer des compromis. Un rôle clé, donc, que va occuper pour la deuxième fois consécutive un homme issu du secteur pétrolier.
L’association Global Witness, a notamment exprimé auprès de l’AFP « un sentiment de déjà-vu » avec un « ancien responsable pétrolier issu d’un pétro-État autoritaire ». Romain Ioualalen, d’Oil Change International a aussi déclaré au Monde : « À un moment, on va devoir se poser la question de la crédibilité du processus de désignation. Il faut qu’il y ait des séparations très strictes entre leurs intérêts pétroliers et les présidences des COP. »
Alors que les conférences des Nations unies sur le climat négocient une baisse de l’extraction des énergies fossiles pour limiter le réchauffement de la planète, Bakou prévoit de passer de 37 milliards de m³ de gaz en 2024 à 49 milliards de m³ en 2033.