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Mines et Gaz de schiste

Un rapport scientifique confirme les risques de l’exploitation du gaz de schiste pour l’environnement et la santé

La « fracturation », technique utilisée pour l’extraction de gaz et de pétrole « non conventionnels » en injectant des fluides chargés de produits chimiques dans les couches rocheuses profondes, empoisonne l’air, contamine l’eau et met en danger la santé des habitants des États-Unis. C’est la conclusion d’une étude qu’ont publié mi-mars les Concerned Health Professionals de New York, et Physicians for Social Responsibility, un groupe de médecins lauréats du prix Nobel de la paix. Leur travail s’appuie sur des enquêtes, des évaluations gouvernementales et plus de 1.200 articles de recherche évalués par des pairs.

« La fracturation est la pire chose que j’ai jamais vue, affirme le Dr Sandra Steingraber, une biologiste qui a travaillé sur les liens entre cancer du sein et incinérateurs toxiques et l’une des huit coauteurs du rapport. Nous nous en doutions depuis longtemps, mais l’industrie roule plus vite que la recherche scientifique. »

Le rapport « Dangers de la fracturation » met également en lumière les risques d’un groupe souvent négligé dans le débat sur la fracturation hydraulique : les travailleurs. Selon la Chambre de commerce des États-Unis, le fracking a créé 1,7 million d’emplois mais l’industrie a potentiellement exposé les travailleurs sur le terrain à des conditions extrêmement dangereuses. « Ce sont des emplois meurtriers, affirme le Dr Sandra Steingraber. Nous avons effectivement détecté du benzène dans l’urine des travailleurs à des niveaux connus pour augmenter les risques de leucémie. »

Pour protéger politiquement leurs investissements, de nombreuses entreprises ont pris des mesures extrêmes. Ainsi, le mois dernier, le Wyoming est devenu le troisième État, après l’Iowa et l’Ohio, à présenter un projet de loi criminalisant les protestations comme celles menées à Standing Rock. « C’est une guerre, explique Tina Smusz, médecin à la retraite en médecine d’urgence et en soins palliatifs et membre de Physicians for Social Responsibility en Virginie. Et dans cette guerre, l’une de nos armes la plus précieuse est la science. »

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