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Une heureuse récolte de fin de printemps

17 juin 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Entre désherbage du chiendent pied-de-poule, mise en terre de nouveaux plants, paillage, préparation des tuteurs et récolte, cette journée au Jardin sans pétrole fut éreintante et heureuse.

À nouveau, les travaux sur la ligne de RER C nous obligent à prendre la voiture. L’occasion de passer à Ivry récupérer les derniers semis de tomates, basilic et tétragone et de nous arrêter chez une future jeune maraîchère essonnienne acheter trois plants de courgettes.

Le jardin produit de la chlorophylle à plein régime. Notre paillage bien trop maigre n’a pas suffi à limiter la germination. Le mouron rouge, la renoncule rampante et, surprise, du chiendent pied-de-poule, prospèrent. Nous accueillons cette nouvelle plante avec méfiance tant sa réputation d’envahisseuse n’est plus à faire. Son rhizome longuement traçant avance sous terre et forme à la surface de jolies touffes d’herbe d’un vert à faire pâlir un patron de golf ! Mais attention, le moindre bout de racine laissée dans le sol donne naissance à une nouvelle plante, qui déploie son propre rhizome. Cynodon dactylon ne peut pas rester là sur les buttes. Si nous laissons faire, des milliers de graines vont s’y répandre ! Heureusement, les fortes pluies ont bien ameubli la terre et l’extraction est facile à condition de bien attraper toutes les tiges, car le chiendent pied-de-poule forme plusieurs brins à partir du même pied. Pour autant, ce n’est pas à la forme de son pied, mais bien à celle de sa fleur qu’il doit ce nom vernaculaire.

Le chiendent, alias Cynodon dactylon

Avec patience, nous avons nettoyé les 80 m2 de buttes et observé les annuelles comestibles qui ont germé spontanément : coriandre, arroche rouge, blette, cressonnette marocaine, onagre, bourrache, consoude, courge, concombre (ou courgette – l’avenir nous le dira), tomate… Toutes ces plantes sont issues de graines miraculées, de fruits tombés au sol la saison passée, dispersées pour certaines par des occupants non identifiés. La présence des pieds de tomates est la plus étonnante. J’en dénombre 17 éparpillés sur les buttes, moins développés que ceux bichonnés sur la terrasse ivryenne, mais manifestement plus vigoureux, les tiges bien ancrées dans le sol et leurs feuilles d’un vert profond.

Après le désherbage, nous mettons en terre les 25 plants apportés, ceux de basilic près des pieds de tomates, ceux de courgettes avec les haricots semés il y a deux semaines.

Je choisis pour les quatre plants de tétragone des expositions différentes avec l’espoir de les voir croître. La germination des graines de cette sorte d’épinard originaire de Nouvelle-Zélande, les dernières d’un sachet acheté en 2012, est déjà une belle réussite.

L’atelier de préparation des tuteurs de bambou.

Puis, nous attaquons un atelier « tuteur » à partir de bambous qu’il faut effeuiller et mettre à la bonne longueur pour les tomates, les haricots, les framboisiers.

Il est presque 19 h, le soleil quitte lentement le jardin, mais il nous faut encore pailler sérieusement avec des copeaux de peuplier et récolter salade, oseille, ciboulette, coriandre, blette, arroche rouge, pois gourmand et fraise… avant de rouler vers Paris, éreintés mais heureux.




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre
. chapô : la récolte de la journée.

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