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Climat

30 °C en fin de semaine ? Pourquoi ces fortes températures

Les températures grimpent dans le sud de la France, pour atteindre un pic samedi sur une grande partie du pays. Ce jour-là, les 30 °C pourraient être atteints voire dépassés dans les Landes, le Pays basque et le Béarn.

« En avril, ne te découvre pas d’un fil » ? Ce sage dicton risque de vous faire suffoquer ce week-end. Météo France prévoit un pic de chaleur précoce pour la fin de semaine. Le mercure grimpe dès jeudi 4 avril dans le sud du pays, pour atteindre un pic samedi sur une grande partie du pays. Ce jour-là, 25 °C à 29 °C sont attendus sur la plaine de la Limagne (au centre de l’Auvergne) et le Centre-Val-de-Loire, et 26 °C à 27 °C sur le Bassin parisien, la Champagne, la Franche-Comté et l’Alsace. Les 30 °C pourraient être atteints voire dépassés dans les Landes, le Pays basque et le Béarn.

En cause, une succession de dépressions très creuses et de tempêtes sur l’océan Atlantique et un anticyclone qui s’installe sur la Méditerranée. « Cette configuration est favorable à la mise en place d’un flux puissant de vents du sud, qui aspire l’air venu d’Afrique du Nord jusqu’à la péninsule ibérique puis la France », explique à Reporterre François Gourand, prévisionniste à Météo-France. Ce phénomène est fréquent au printemps, une saison marquée par des « échanges méridiens » – alternance de vents du sud et de vents du nord, de poussées de chaleur et de refroidissement.

« Des températures supérieures à plus de 10 °C aux normales saisonnières »

Ce qui est tout à fait inhabituel en revanche, c’est le niveau des températures. « On devrait avoir 15 °C sur la moitié nord et 17 °C, 18 °C sur la moitié sud, rappelle François Gourand. Ce week-end, les températures seront à plus de 10 °C supérieures aux normales saisonnières à Paris, et pas loin de 15 °C supérieures dans le Pays basque. » Sachant que ces moyennes saisonnières, calculées sur la période 1991-2020, ont elles-mêmes augmenté d’environ 1 °C par rapport à la période de trente ans précédente. D’ailleurs, de tels pics de chaleur ne s’observent pas tous les ans. Le dernier remonte au 29 mars 2021, où 25,6 °C avaient été enregistrés à Troyes (Aube).

La fréquence des pics est due au réchauffement climatique

Peut-on lier cet épisode de surchauffe au changement climatique ? Pas en tant que tel, répond François Gourand. Par contre, le fait que de tels pics soient de plus en plus fréquents est un réel symptôme du réchauffement en cours. Deux seulement ont été enregistrés dans les années 1980 ; quatre dans les années 2010. « On sait que le changement climatique va entraîner des températures chaudes de plus en plus tôt au printemps et de plus en plus tard à l’automne, avec une accélération de la fréquence », explique le prévisionniste. Avec, à la clé, un risque croissant d’autres aléas climatiques liés. « Une atmosphère plus chaude, c’est plus de vapeur d’eau dans l’air et potentiellement des pluies plus fortes », indique-t-il.

Reste qu’il faudra peut-être attendre mai pour « faire ce qui nous plaît ». Car les températures devraient redescendre dès dimanche, dans le sillage d’une dégradation pluvio-orageuse. « Au nord du pays, on va perdre presque 10 °C par rapport à samedi », anticipe François Gourand. Des températures supérieures aux moyennes de saison sont néanmoins prévues au moins jusqu’à mi-avril.

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