À Bornéo, sur le fleuve, avec les immenses convois de bois tropical
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Dans la partie indonésienne de l’île de Bornéo, l’exploitation forestière bat son plein. Les grumes parviennent au port par les fleuves, où d’anciens pêcheurs reconvertis guident des convois pouvant atteindre plus de 200 mètres de long. Un reportage photo impressionnant.
- Fleuve Lamandau (Kalimantan, Indonésie), reportage
Alors que le réseau routier de Kalimantan (nom de la partie indonésienne de l’île de Bornéo) est soit inexistant, soit en mauvais état, les fleuves qui serpentent à travers l’île sont souvent utilisés comme vecteurs de transport du bois. Dans un ballet organisé, de petits bateaux de pêche guident les convois dans de longs voyages jusqu’aux scieries. Les bateaux se positionnent devant et derrière le bois précieux et ce sont d’anciens pêcheurs reconvertis en convoyeurs de troncs qui orientent le bois en communiquant entre eux par des cris et des signes. La force du courant entraîne les grumes, mais il faut les empêcher de toucher les berges dans les méandres du fleuve Lamandau.
Dans le convoi, la vie s’organise : les repas de riz et de poisson sont pris sur le toit des bateaux. La toilette se fait dans le fleuve, dans des zones réputées sans crocodile. La nuit, les hommes doivent redoubler de vigilance, car ces milliers de m3 de bois précieux attisent les convoitises. Il n’est pas rare que la valeur des convois atteigne le demi-million d’euros ! Aux abords des villes, des pilleurs s’emparent parfois d’un ou deux troncs, qu’ils revendront à bon prix au marché noir. Les nuits sont donc passées à balayer les rives avec de puissantes lampes.