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Agriculture

À peine élu, le président de la Coordination rurale veut « faire la peau » aux écolos

Le 19 novembre 2025, l’éleveur de vaches limousines Bertrand Venteau a été élu président de la Coordination rurale.

Du nouveau à la tête de la Coordination rurale. Bertrand Venteau a été élu président de ce syndicat proche de l’extrême droite. L’éleveur dénonce régulièrement les actions de ceux qu’il qualifie d’écologistes « intégristes ».

L’éleveur de vaches limousines Bertrand Venteau a été élu président de la Coordination rurale (CR), mercredi 19 novembre, au 32e congrès du syndicat à Auch, avec le soutien de l’aile dure de ce syndicat agricole contestataire proche de l’extrême droite. Il bat la présidente sortante, Véronique Le Floc’h, par 74 voix contre 68.

Le syndicaliste a promis de poursuivre la mobilisation sur le terrain et de «  combattre  » les écologistes. «  Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau  », a-t-il lancé, déclenchant des applaudissements nourris. Un signal inquiétant, alors que la Coordination rurale a connu une percée spectaculaire lors des dernières élections professionnelles de janvier et concentre désormais 30 % des voix des agriculteurs.

«  Les écolos [...] veulent nous crever  »

Sa candidature avait été soutenue par les dirigeants des bastions du syndicat, dans le Gers et le Lot-et-Garonne, qui expliquent leur succès par leurs actions musclées — comme le blocage de Paris en janvier et le saccage de bureaux de l’Office français de la biodiversité. La Coordination rurale du Lot-et-Garonne est dirigée par Serge Bousquet-Cassagne, lequel a été condamné le 14 novembre par la Cour des comptes pour plusieurs infractions incluant la construction du barrage de Caussade sans autorisation.

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Le nouveau président, Bertrand Venteau, a repris l’exploitation en bovins viande de ses grands-parents à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne) en 2001. Il s’est d’abord engagé aux Jeunes agriculteurs (JA), puis a présidé le comité local installation-transmission de Saint-Yrieix. Exclu des JA, il critique «  ce syndicat de jeunes agriculteurs [qui] ne sert qu’à formater les futurs cadres de la FNSEA.  » En 2007, il a tenté une liste dissidente FDSEA lors des élections de la Chambre, mais la tête de liste a rejoint la majorité. Il s’est ensuite engagé à la Coordination rurale (CR). Lors des élections 2013, sa liste a perdu à 63 voix près.

Il dénonce une « écologie intégriste dénuée de sens critique »

En 2016, déjà, il dénonçait l’obstruction de projets agricoles par des organisations et collectifs « animés par une écologie intégriste dénuée de sens critique ». Il critiquait notamment le collectif Oeda pour avoir bloqué le nouvel abattoir de la Creuse et bloqué un projet d’engraissement collectif sur le plateau de Millevaches ; l’ONG Allassac Environnement pour ses actions contre les arboriculteurs corréziens ; les zadistes pour l’arrêt du projet de Sivens ; et L214 pour ses campagnes antiviande.

M. Venteau conteste aussi l’usage des subventions, comme les 6 millions d’euros alloués au Parc naturel régional Périgord Limousin pour protéger la moule perlière, dont il estime la population stable depuis dix ans, et dénonce la pression fiscale et réglementaire qui ponctionne selon lui 66 % de son revenu.

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Il est ensuite devenu président de la Chambre d’agriculture de la Haute‑Vienne en 2019. Le 14 mars 2025, la Coordination rurale a échoué à prendre la présidence de la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine, battue par la FNSEA. La séance d’installation a été perturbée par des fumigènes déclenchés par les militants du syndicat et l’assemblée a dû être évacuée en présence du préfet de région, Étienne Guyot.

Poursuivi pour « menace, violence ou acte d’intimidation » 

«  Tout le système s’est organisé contre nous, avec le renfort du Crédit agricole, de Groupama et de la MSA [la sécurité sociale agricole]. La guerre est ouverte, on va régler nos comptes par derrière  », vitupérait alors Bertrand Venteau, candidat perdant, avant de promettre «  une mandature mouvementée  ».

Quelques jours plus tard, le syndicaliste a été entendu au commissariat de Limoges. Il était poursuivi pour «  menace, violence ou acte d’intimidation  » envers un chargé de mission de service public après avoir «  demandé la tête du directeur de la DDT » (direction départementale des territoires). Son homologue de Dordogne, Rémi Dumaure, était convoqué le même jour et a reconnu avoir dit en février 2025 «  que la DDT et le préfet, sans dévoiler lesquels, faisaient juste leur travail comme les gendarmes en 1940  ». Les deux compères ont été finalement relaxés par le tribunal correctionnel de Limoges le 16 mai 2025.

Depuis la campagne de «  dégagisme  » de janvier 2025, la Coordination rurale dirige 11 chambres d’agriculture et bénéficie de subventions publiques confortables de 4,02 millions d’euros, dépassant celles de la FNSEA (3,7 millions) et des Jeunes agriculteurs (3,8 millions).

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