A69 relancée : « Notre colère n’a jamais été aussi forte »
Rassemblement place du Capitole à Toulouse, après l'annulation du tribunal administratif de Toulouse de l'autorisation environnementale de l'A69, le 27 février 2025. - © Antoine Berlioz / Reporterre
Rassemblement place du Capitole à Toulouse, après l'annulation du tribunal administratif de Toulouse de l'autorisation environnementale de l'A69, le 27 février 2025. - © Antoine Berlioz / Reporterre
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Alors que la justice a autorisé la reprise du chantier de l’autoroute Toulouse-Castres, le 28 mai, des militants appellent dans cette tribune à continuer la lutte. « Nous pouvons encore arracher la victoire. »
Le retour des pelleteuses nous est insupportable. Nous ne voulons plus réentendre le fracas des machines, voir notre terre qu’on arase et qu’on bétonne, privée de toute vie. Nous n’acceptons pas que le massacre continue, que la violence de l’aménagement du territoire se poursuive au nom de la vieille idole de la croissance.
Si la cour d’appel administrative de Toulouse vient d’acter la reprise temporaire du chantier de l’A69, nous clamons ici que ce n’est pas la fin de l’histoire, et que nous nous opposerons de toutes les manières possibles et de toute notre force à cette politique du fait accompli, autoritaire et destructrice.
L’acharnement de l’État et des promoteurs à imposer leur projet d’autoroute mortifère nous laisse sans voix. Pour 50 km d’asphalte, ils sont prêts à pilonner le droit, à attaquer les fondements mêmes de notre démocratie et à malmener la séparation des pouvoirs.
« La lutte contre l’A69 nous concerne tous et toutes »
Nous vivons un moment charnière. Une bataille qui détermine les temps à venir et les perspectives futures de toute émancipation sociale et écologiste. La lutte contre l’A69, par son symbole, nous concerne tous et toutes. C’est un choix très concret que nous devons faire. Une place que nous devons prendre d’un côté ou de l’autre de la barricade.
Au fond, comment voulons-nous faire face à la crise climatique ? Quel rapport souhaitons-nous entretenir avec nos territoires ruraux ? Quel lien au vivant voulons-nous cultiver ?
« Notre colère n’a jamais été aussi forte »
Dans cette période où tout semble se dérober, beaucoup d’entre nous sont prises par la sidération et le sentiment d’impuissance. Nous voyons bien ce que l’État et les aménageurs cherchent à écraser : notre espoir et notre joie, la possibilité d’avoir une prise sur les décisions qui façonnent nos existences et nos territoires. Il faudrait rentrer chez nous. Calmement. Accepter cette défaite qu’ils veulent nous imposer.
Nous n’y croyons pas. Notre colère n’a jamais été aussi forte. Notre sentiment d’injustice aussi. Il n’est plus question ici d’arguments. Tout a déjà été démontré. Le coût démentiel du projet, sa gabegie financière, sa destruction des écosystèmes, son iniquité sociale. Son absurdité totale.
« Nous pouvons encore arracher la victoire »
Aujourd’hui, il est d’abord question de résistance et de désobéissance. C’est un appel que nous lançons à l’ensemble du camp écologiste, au monde associatif, aux syndicats, à la société civile, aux citoyens et aux citoyennes qui se sentent touchées par ce qui arrive. Vous, nous, ne sommes pas seules. Nous pouvons encore les acculer et arracher la victoire, nous opposer physiquement à l’arrivée des bulldozers, en parler autour de nous et construire une force qu’ils ne feront pas taire.
L’A69 est le combat de l’époque. Celui qui va engager tout le reste. C’est ici que se jouent notre dignité et notre solidarité. Nous ne pouvons plus seulement nous indigner. Il va falloir agir chacun à notre mesure pour les faire plier, continuer à batailler dans les tribunaux, lancer des pétitions, participer à des campagnes décentralisées contre NGE [le concessionnaire de l’autoroute], bloquer son siège d’administration, interpeller les élus, se rassembler massivement, désarmer le projet.
Des leviers très concrets existent pour ne pas laisser place au fatalisme. Avec déjà des dates actées :
- des mobilisations sont organisées partout en France, dès le 28 mai à 18 h 30 devant les mairies, les gares et les préfectures de nos villes pour marquer notre colère, se réunir ;
- un grand rassemblement festif, « la Turboteuf », aura également lieu dans le Tarn du 4 au 6 juillet pour se retrouver tous et toutes autour de cette lutte et créer un raz de marée populaire contre l’autoroute ;
- une mobilisation contre les chantiers NGE et ses sous-traitants est aussi organisée à travers la France ;
- une campagne d’interpellation des députées contre la proposition de loi de validation, qui viendrait invalider la décision de justice victorieuse du 27 février, a été lancée pour demander aux députés de ne pas céder aux pressions des promoteurs.
Tout cela n’est qu’un début. L’esquisse d’une première riposte. Nous sommes toujours là, déterminées et combatifves. Contre l’A69 et son monde, résistons !