A69 : Atosca, le concessionnaire de l’autoroute, perquisitionné
Maquette de l'autoroute A69 entre Puylaurens et Cuq-Toulza. - Capture d'écran vidéo Atosca
Maquette de l'autoroute A69 entre Puylaurens et Cuq-Toulza. - Capture d'écran vidéo Atosca
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Est-ce le début de la fin pour le chantier de l’A69 ? Le procureur de la République de Toulouse a annoncé le 12 mai avoir perquisitionné la veille les locaux d’Atosca, concessionnaire de la future autoroute. Cette opération fait suite à la plainte déposée le 10 décembre par l’association France Nature Environnement. Elle dénonçait l’emprise d’au moins 86 hectares de terres en dehors du périmètre légal. Soit un dépassement de plus de 20 % par rapport à la surface initialement autorisée.
Une vingtaine de gendarmes et d’inspecteurs de l’environnement de l’Office français de la biodiversité ont fouillé le siège social d’Atosca et une base de vie du chantier, à Puylaurens dans le Tarn, précise le communiqué de presse relayé par France 3. « Ces perquisitions ont conduit à la saisie de matériels informatiques, de supports numériques et d’éléments utiles à l’enquête afin de préciser l’implication des différents intervenants sur ce chantier dans les dépassements constatés », précise le parquet. Des auditions devraient avoir lieu prochainement.
« Barbouzerie, intimidation et copinage politique »
Le 12 janvier déjà, le juge des libertés et de la détention avait ordonné l’arrêt des travaux sur les 46 parcelles en question, la libération de toute occupation de celles-ci sous quatre jours et des mesures compensatoires à exécuter dans un délai d’un mois. Ce, sous couvert d’une astreinte de 20 000 euros par jour. Quatre mois plus tard, et comme l’a documenté Reporterre, le parquet de Toulouse déplore pourtant « la présence d’installations de chantier ou la poursuite d’activités de travaux publics au niveau des zones de dépassement ». Il devrait dès lors exiger le paiement de l’astreinte, courant toujours.
De leur côté, les préfectures du Tarn et de Haute-Garonne avaient tenté d’éteindre l’incendie en signant, mi-avril, un arrêté ouvrant une consultation publique visant à régulariser l’autorisation environnementale de l’autoroute. Objectif : tenter de régulariser les débordements et d’enterrer le dossier.
L’enquête de justice en cours devrait toutefois compliquer les choses : « Le matériel saisi va parler, au-delà des innombrables infractions environnementales, c’est tout le système A69, entre barbouzerie, intimidation et copinage politique, qui va être révélé », se réjouit le collectif La Voie est libre.