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En brefAgriculture

Algues vertes : une fonctionnaire mutée, les syndicats dénoncent la pression du lobby agricole

Image d'illustration. Des algues vertes en Bretagne.

Une fonctionnaire aurait-elle été punie pour son travail sur les nitrates, un polluant issu de l’élevage intensif ? Salariée de la direction régionale de l’environnement (Dreal), en première ligne sur le dossier nitrates en Bretagne depuis une quinzaine d’années, elle vient d’être mutée au motif de l’« intérêt du service ». Procédure « d’une grande brutalité » qui constitue, selon quatre syndicats de la Dreal, « une sanction disciplinaire déguisée ».

L’agente est une spécialiste des enjeux liés à l’eau et à l’agriculture, et en particulier du nitrate, dont la forte teneur est responsable de la prolifération d’algues vertes en Bretagne. Dans une lettre ouverte adressée le 18 mars au ministère de l’Agriculture, FO, le SNE-FSU, la CGT et l’Unsa affirment que l’agente n’a fait que « défendre l’État de droit ». Selon ces organisations, l’administration « sanctionne celles et ceux qui osent dire non aux dérives », ce qui constitue « une atteinte inacceptable à l’indépendance des fonctionnaires ». Le communiqué indique aussi : « Son engagement reflète celui de nombreuxses agentes [...] qui subissent les attaques répétées des lobbies. »

L’administration « sanctionne ceux qui osent dire non »

Les syndicats dénoncent également la surcharge de travail et le manque de moyens, « symptôme d’une administration exsangue où l’on préfère sanctionner les lanceurses d’alerte plutôt que de recruter et de soutenir les équipes. »

Sollicité par Reporterre, la préfecture de Bretagne se refuse à tout commentaire sur « un problème RH interne qui n’est pas lié au traitement d’une politique publique particulière ». Le directeur de la Dreal a quant à lui écrit à ses agents, jeudi 19 mars.

Dans ce courriel, consulté par Reporterre, il évoque « des difficultés récurrentes depuis deux ans qui n’ont pu trouver aucune issue favorable malgré les efforts collectifs entrepris » et affirme ne faire « l’objet d’aucune pression, ni de la part du corps préfectoral, ni d’un lobby agricole, ni de personne d’autre ».

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