Alternatiba va bien et s’interroge sur le climat

Durée de lecture : 3 minutes

25 juin 2014 / Hervé Kempf (Reporterre)

La dynamique Alternatiba va bien. Et s’interroge : doit-elle s’engager dans le grand mouvement climatique de la fin 2015 ?


- Bayonne, reportage

Et si l’avenir du militantisme était sur la plage ? C’est ce qu’ont pu penser les activistes venus des quatre coins de France se coordonner pour les nombreux Alternatiba qui sont lancés : un bon moment du week-end a été le pique-nique sur la plage, dimanche 22 juin, sous un soleil brûlant, puis déclinant doucement. Quoi de mieux que de discuter stratégie et avenir de la planète entre trois plaisanteries et sous la chaude brise venue de l’océan en une fin d’après-midi d’été ?

Mais samedi, la journée avait été studieuse. Réunis à l’IUT de Bayonne, une trentaine de délégués, représentant dix-sept projets d’Alternatiba, ont discuté de la préparation de ceux-ci, des problèmes communs, des perspectives et de la stratégie.

Le premier point qui ressort est que la dynamique, lancée par l’Alternatiba de Bayonne en octobre 2013, se poursuit sans faillir : rien que pour 2014 sont déjà programmés des Alternatiba à Agen, le 13 septembre, à Genève, le 19 septembre, à Nantes, le 26 septembre, à Gonesse, près de Paris, les 20 et 21 septembre, à Lille, les 4 et 5 octobre, à Saint-Jean-de-Luz, le 5 octobre, en Gironde, les 11 et 12 octobre - sans oublier… Tahiti, le 29 novembre. Alternatiba se sent bien à la plage, décidément !

Quant au tour en tandem à travers la France, qui parcourra 4500 kilomètres entre Bayonne et Paris entre juin et septembre 2015, il se prépare lui aussi activement.

Mais faut-il donner à la coordination Alternatiba un sens plus ambitieux, plus radical, et l’axer sur les événements majeurs qui s’esquissent autour de la conférence sur le climat qui aura lieu fin 2015 en France ? En organisant, par exemple, un immense camp des alternatives à Paris en décembre 2015 ?

« Le collectif lillois n’est pas mûr pour parler d’action radicale non-violente à Paris », a indiqué Vincent Cattiau, de Lille. Benjamin Malan a observé pour le collectif toulousain qu’il n’était pas mandaté pour ce faire, les associations du collectif n’en ayant pas débattu. Inversement, Alain Pellon, de Bordeaux, a rappelé que « dès le départ, Alternatiba s’est positionné pour un changement de société par rapport au changement climatique ». Cette préoccupation est d’ailleurs clairement inscrite dans la charte fondatrice du mouvement. Alternatiba n’est pas une simple exposition des solutions au quotidien pour vivre autrement, mais s’inscrit bien dans un combat pour lutter contre le changement climatique et transformer le monde.

Il reste à faire le lien entre la « masse » qui viendrait dans les Alternatiba pour découvrir la réalité des alternatives, et des activistes, plus conscients des enjeux de fond. « Quand on est gentillet, on a les gens, mais pas les militants, dit Txetx Etcheverry, d’Alternatiba Pays basque. Mais si on n’a que les masses, ça ne dure pas longtemps. Il faut marcher sur les deux jambes, et s’assumer radical. »

Le débat n’est pas clos. Il se poursuivra lors de la prochaine coordination, qui aura lieu le 22 août à Paris, lors de l’Université européenne des mouvements sociaux, dont Reporterre est partenaire.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Hervé Kempf pour Reporterre

Images :
. chapô : Hervé Kempf.
. réunion : Yannick Montaulieu
. Tahiti : Alternatiba Tahiti

Lire aussi : : Alternatiba grandit et se coordonne


Cet article a été rédigé par un journaliste professionnel et a entrainé des frais. Merci de soutenir Reporterre :

DOSSIER    Alternatiba

THEMATIQUE    Climat
25 juillet 2019
Éradiquer les punaises de lit, une véritable guerre des nerfs
Enquête
16 septembre 2019
La réforme Blanquer à l’assaut des langues régionales
Info
17 septembre 2019
La Durance, une rivière asséchée par les barrages et le dérèglement climatique
Enquête


Dans les mêmes dossiers       Alternatiba



Sur les mêmes thèmes       Climat





Du même auteur       Hervé Kempf (Reporterre)