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Au Jardin sans pétrole, la fougère, c’est super

7 mai 2016



Elle a la réputation d’une envahisseuse, la fougère. Mais si on sait la prendre, elle se révèle bien utile.

Le temps est plus clément, mais pas assez toutefois pour attirer les abeilles hors de leurs ruches installées dans le parc du château voisin, à moins de 300 mètres. Quelques bourdons s’affairent et de nombreuses coccinelles constellent les orties. Je n’ose pas cueillir les sommités occupées par ces charmantes créatures au parfum d’enfance, en remplissant un plein sac de cette plante bénie du jardinier. Les « têtes » d’orties agrémenteront une soupe et seront séchée en prévision de tisane revigorante pour les plantes du jardin.

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Une coccinelle vagabonde dans l’oeillet du poète

Depuis plusieurs semaines, j’observe le renouveau d’un bosquet de fougères qui lentement déroulent leurs feuilles le long du grillage.

S’agit-il de la fougère-aigle ? De la fougère mâle ? A ce stade, mes connaissances botaniques ne me permettent pas de la nommer avec certitude.

La fougère aigle ou Grande Fougère (Pteridium aquilinum) est connue pour sa tendance à proliférer grâce à ses rhizomes qui se développent sous le sol. Un seul rhizome de cette fougère prolifique peut couvrir un hectare de terre, à condition que le sol lui convienne. Selon le tropicaliste Francis Hallé, la fougère aigle est potentiellement immortelle. Un rhizome peut ainsi vivre près de mille ans. Aujourd’hui, elle est considérée comme envahissante.

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Les fougères, mal aimées mais bien utiles

Pourtant, ses usages sont nombreux, notamment pour le jardinier biologique. Dès que l’on peut la couper en mai, elle constitue une couverture remarquable pour les fraisiers, car elle contient des substances antifongiques qui empêchent le développement de la pourriture grise causée par le champignon Botrytis cinerea.

Dès que le sol est assez réchauffé, on peut le recouvrir de fougères pour garder le sol humide, éviter les plantes spontanées au pied des légumes et se débarrasser des limaces et des escargots. Elles vont prendre très vite le relais des coquilles d’œufs autour des pois gourmands ! A l’automne, récoltée sèche ou jaunissante, elle protège les plantes potagères sensibles au gel comme les artichaut, les mâches, chicorée sauvage, scarole.

Pour nous, la fougère est plus intéressante que la paille du centre équestre, car elle est naturelle et riche en phosphore. Elle améliore aussi la qualité des composts de fumiers. Je vais dès que possible en ajouter sur le fumier qui couvre les dernières planches de culture et bien sûr, dans notre prochain tas de compost.




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre

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