Au Jardin sans pétrole, les courgettes apparaissent et les insectes sont partout

1er juillet 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Ils laissent des traces plus ou moins visibles et chaque espèce à sa préférence alimentaire, mais les insectes profitent, eux aussi, de la production du Jardin.

J’étais pressée de retourner au jardin pour connaître l’issue du face-à-face entre les coccinelles et les fourmis. Je ne m’attendais pas à une telle désolation au milieu du jardin luxuriant et fleuri. Des agglomérats de pucerons besogneux et poisseux collés sur des feuilles de cardons, il ne reste qu’une poussière noirâtre. Quelques fourmis patrouillent encore, déboussolées par la situation. Plus un œuf de coccinelles, quelques larves encore promises à la famine et des nymphes qui deviendront bientôt des coccinelles. Les leçons de choses me reviennent en mémoire avec leurs chaînes alimentaires et leurs prédateurs.

Les insectes sont partout, laissant des traces plus ou moins visibles. Celles des altises sont des petits trous ronds sur les feuilles qui donnent une apparence criblée aux plantes. Ces petits coléoptères de la famille des chrysomèles ont les pattes de derrière bien développées et sautent lorsqu’ils sont dérangés. Comme pour les pucerons, chaque espèce a sa plante ou famille de plantes préférée : tomates, aubergines, pomme de terre, chou. Celle à laquelle nous avons affaire est une mordue de crucifères, sans doute Phyllotreta cruciferae, à peine trois millimètres de long, dos bombé noir et luisant. J’en ai souvent vu dans le jardin sans penser qu’ils étaient à l’origine des poinçons.

Que les insectes profitent du nectar des fleurs jusqu’à la lie 

Espérons que les oiseaux — le pinson et la mésange, ai-je lu, raffolent de cet insecte qui doit croquer sous le bec — ou qu’un crapaud s’en occupent.

Aujourd’hui, j’ai à cueillir les cassis, de la salade, encore des pois gourmands et plein d’arroche rouge. Pour le thym, l’hysope, la marjolaine, la lavande et la sarriette, nous attendrons encore un peu que les insectes profitent du nectar des fleurs jusqu’à la lie. Mais dès la floraison passée, il faudra les couper, car les plantes aromatiques perdent ensuite de leurs qualités.

Je poursuis mes observations et repère une première courgette en formation, une minuscule tomate, des betteraves qui grossissent sous terre et des poireaux qu’il faudra bientôt repiquer. Il est temps de reprendre ma bicyclette et de rouler vers le RER qui, aujourd’hui, est à l’heure.




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre

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