Au garage associatif de Clermont, on partage la mécanique

Durée de lecture : 4 minutes

22 juillet 2014 / Zor (Lutopik)



Souvent moins chers et plus conviviaux, les garages associatifs permettent à tous de venir apprendre les rudiments de la mécanique et de réaliser soi-même les opérations d’entretien ou de réparation de leur véhicule. Comme à l’Association populaire d’initiation à la mécanique de Clermont-Ferrand, modèle du genre.


Le coût élevé des réparations automobiles incite de plus en plus de monde à se rendre dans les garages associatifs ou solidaires, où ils peuvent se former à la mécanique. À Clermont-Ferrand, l’Association populaire d’initiation à la mécanique automobile, l’Apima, est un modèle du genre.

Elle a été créée en 1983 par quelques copains et compte aujourd’hui 450 membres. « L’objectif est d’apprendre aux adhérents à être un peu plus autonomes avec leur véhicule, savoir l’entretenir et comprendre son fonctionnement », explique Roger, dans l’association depuis dix-huit ans. Il précise qu’« on peut réaliser ici toutes les opérations mécaniques, sauf la carrosserie ».

Devenir mécanico-autonome

L’adhésion à l’Apima est annuelle. Il faut débourser tout de même 444 € pour en être membre et ainsi bénéficier d’un accès illimité à l’atelier et à son matériel, équivalent à celui d’un garage classique. Il y a tout l’outillage mécanique, six ponts, quatre postes de travail, des testeurs de freins et de gaz d’échappement…

Un fonds est prévu pour avancer l’argent à ceux qui en ont besoin pour acheter des pièces. Une souscription auprès des membres a aussi permis d’acquérir un nouveau pont capable de monter des véhicules plus lourds. Certains ont fait des dons, d’autres des prêts.

Tous les jours, il y a entre six et dix véhicules qui passent ici. Lors de notre passage, il y avait entre autres Philippe, auto-entrepreneur venu changer le câble de frein à main, vérifier son parallélisme et ses tambours de freins arrière sur sa camionnette utilitaire. « J’aime bien faire la mécanique moi-même, mais je n’avais pas assez d’outillages et de connaissances », explique-t-il.

Pour Ludovic, qui a trouvé ici un moyen de continuer à bricoler une fois son père carrossier à la retraite, « ce qui est le plus sympa ici, c’est la prévention des pannes. Les mécaniciens passent, regardent en dessous et nous disent ce que l’on aurait intérêt à changer ». Un quart des adhérents sont des femmes, comme Évelyne, venue remplacer ses plaquettes et ses disques de freins.

Les adhérents achètent les pièces nécessaires à la réparation ou à l’entretien de leur véhicule et bénéficient des conseils des quatre mécaniciens de l’association, deux temps plein et deux temps partiels. Aurélien est le dernier à avoir été engagé il y a un an et demi. « C’est de l’éducation populaire, on s’adresse au plus grand nombre. Il ne faut pas être forcément passionné ou avoir déjà des connaissances en mécanique pour venir ».

L’Apima organise régulièrement des stages pratiques : entretien du véhicule, conseil pour l’achat d’occasions, comment se servir d’une revue technique… Pour Aurélien, « la mécanique automobile est le moyen par lequel on se rencontre. La voiture est un objet déplaçable, que beaucoup de personnes possèdent et qui est presque indispensable dans notre société. Ce qu’on fait ici serait plus difficile avec la plomberie par exemple ».

Rencontres et éducation populaire

La mécanique n’est bien souvent qu’une des raisons qui ont poussé les gens à venir frapper à la porte de l’Apima, ou à y rester. « Au niveau des rencontres humaines, c’est très enrichissant, même si ce n’est pas ça que je venais chercher au départ. On rencontre plein de gens différents et sympathiques », constate Philippe.

Roger vient y chercher sa « bouffée d’oxygène ». Il n’apprécie pas beaucoup la mécanique, mais il est actif au niveau administratif. « Ce que j’aime, c’est que l’on retrouve ici une mixité sociale, des jeunes, des vieux ». Il apprécie aussi la bonne ambiance, « on vit dans un esprit d’entraide et de solidarité ».

L’Apima n’a pas de bureau, c’est l’Assemblée générale qui prend les décisions. Les permanents fonctionnent en autogestion, établissent ensemble leur planning et leurs congés. Le salaire d’embauche s’élève à 130 % du SMIC, avec une hausse chaque année en fonction de l’inflation, auquel s’ajoute 1,2 % par année d’ancienneté.

Le garage devient un lieu de rencontres et aussi d’événements. « Avec le nombre que l’on est, il y a forcément des compétences, et chacun peut les mettre à disposition des autres », ajoute Roger. En plus de la fête annuelle et des stages de formation, plusieurs animations sont proposées dans l’année, comme du théâtre ou de la musique.


UNSEAU EN EXPANSION

Il existe deux formules, les garages associatifs et les self-garages. Les garages associatifs permettent de réparer son véhicule avec l’aide de mécaniciens. Nombres d’entre eux proposent des tarifs en fonction du revenu des personnes.

Les self-garages, ou garages en libre-service, permettent à ceux qui ont déjà quelques notions de mécaniques de louer tout le matériel du garage.
Annuaire et informations : www.selfgarage.org





Source et photo : Article transmis amicalement à Reporterre par le magazine Lutopik.

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