Au jardin sans pétrole, l’alliance entre maïs, courge et haricot résiste bien à la sécheresse

Durée de lecture : 2 minutes

18 juillet 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

La canicule a raison d’un certain nombre de plantes. Mais l’association de maïs, haricots verts et courges résiste bien. Ce système de culture millénaire nommé Milpa vient d’Amérique Latine et préserve la fertilité des sols et la biodiversité.


La sécheresse et la canicule ont eu raison de nos framboisiers qui cette année ne donneront pas de fruit. Les noisetiers souffrent aussi, perdant leurs feuilles pour faire face au stress hydrique. Les artichauts fleurissent sans avoir eu le temps de grossir un peu. Ils sont piquants, pleins de pucerons et nous ne regrettons pas d’avoir à les laisser aux insectes pollinisateurs.

Nos soins hebdomadaires ne sont pas suffisants, d’autant que nous passons beaucoup de temps à arroser. L’eau s’infiltre dans les galeries des rats taupiers et se perd on ne sait où sans vraiment profiter à nos plantes potagères. Ces drôles de rongeurs semblent aussi jardiner à leur façon.

Depuis plus de trois mois que nous avons mis en terre des plants de betteraves, ces derniers ne grossissent ni ne meurent. On dirait que les rongeurs tournent autour du système racinaire qu’ils « broutent » avec un sens du respect de la ressource qui fait réfléchir ! Trop tard pour vérifier cette observation sur les choux, les rhubarbes et les carottes qui ont déjà été arrosées.

Un système millénaire venu d’Amérique Latine

Ce qui se porte bien - pour l’instant - ce sont nos associations de maïs, haricots verts et courges. Ce mariage heureux, nommé Milpa en Amérique latine, est une technique de culture millénaire, dans laquelle le maïs sert de tuteur aux haricots qui lui apportent en échange l’azote nécessaire à sa croissance, en le prélevant dans l’air. Les courges et autres citrouilles occupent le sol et forment un couvert végétal efficace contre la sécheresse et l’érosion.

La Milpa est souvent associée à un jardin potager nommé Solar, dans lequel poussent toutes sortes de légumes tels que des poivrons, des pois, des piments, des pommes de terre, des herbes médicinales ou du café. S’y ajoute l’élevage de poules, moutons et cochons.

Cette production diversifiée préserve la fertilité des sols et la biodiversité mais elle est mise à mal par la monoculture du maïs. Il aura fallu que la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) l’inscrive sur la liste des systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial pour que ce système agro-écologique Milpa-Solar soit enfin considéré à sa juste valeur et fasse le tour du monde. Le voilà cette année à l’essai dans le jardin sans pétrole, sans les poules et les cochons, mais avec la proximité des chevaux.


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Source : Christine Laurent pour Reporterre

. Photo article : plantation Milpa en Amérique centrale : Wikipedia (CC)

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