Dans 1 400 petites villes, l’État fait un « cadeau au lobby publicitaire »
Des militants antipubs s’attaquant à une publicité en 2016. - Facebook/Résistance à l’agression publicitaire
Des militants antipubs s’attaquant à une publicité en 2016. - Facebook/Résistance à l’agression publicitaire
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Un « cadeau honteux fait au lobby publicitaire ». Agir pour l’environnement dénonce un décret publié dans le dernier Journal officiel de 2023. Ce texte lève en effet l’interdiction qui était faite à 1 408 petites agglomérations d’installer des panneaux publicitaires.
Des mobiliers urbains publicitaires, notamment les panneaux de type « sucettes », vont ainsi pouvoir se déployer légalement dans ces villes de moins de 10 000 habitants ne faisant pas partie d’une unité urbaine de plus de 100 000 habitants. Dans un communiqué daté du 31 décembre, l’association estime que la signature de ce décret « illustre la duplicité d’un ministre parlant de sobriété tout en stimulant l’un des principaux outils promouvant la surconsommation, la publicité ! »
La consultation publique organisée l’été dernier sur ce texte avait pourtant suscité un grand nombre de contributions hostiles à cette modification réglementaire.
Un mode de financement du mobilier urbain
« L’analyse des contributions révèle une grande confusion entre la publicité sur mobilier urbain, la publicité lumineuse et la publicité numérique », pointe le ministère, de son côté. Une majorité des contributions qu’il a reçues reposeraient, selon lui, « sur une fausse information relayée par EELV [Les Écologistes] et Agir pour l’environnement » : non, ce texte n’autorise pas les panneaux lumineux, assure-t-il. La publicité numérique ainsi que les autres dispositifs publicitaires lumineux resteraient bien interdits dans toutes les agglomérations de moins de 10 000 habitants.
Il s’agissait, selon les mots du ministère, de corriger « une erreur rédactionnelle ayant conduit à l’interdiction systématique de publicité sur le mobilier urbain dans les petites agglomérations ». Une correction réclamée par les élus des petites agglomérations « désireux de conserver ce mode de financement de leur mobilier urbain ».