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En bref — Eau, rivières, océans

Bonne nouvelle : l’UFC montre qu’il est possible de réduire la pollution des eaux

L’eau du robinet continue d’être contaminée pour plus de deux millions de consommateurs, principalement par les nitrates et les pesticides, et ce, malgré une politique de dépollution coûteuse : les traitements des pollutions agricoles occasionnent un surcoût estimé entre 750 millions et 1,3 milliard d’euros par an. Partant de ce constat, l’UFC - Que Choisir a mené une enquête pendant six mois sur les captages prioritaires, autrement dit des lieux de prélèvement d’eau ciblés par des mesures de protection renforcées car particulièrement menacés par les pollutions. En France, 1.000 captages sur les quelque 35.000 existants sont classés prioritaires ; l’association de consommateurs en a examiné 102, répartis sur tout le territoire métropolitain.

Ses conclusions sont encourageantes. « Dans deux captages sur trois,
on constate une baisse des nitrates,
a détaillé Olivier Andrault, chargé de mission à l’UFC, lors d’un point presse jeudi 28 mars. Côté pesticides, les niveaux de pollution dans les eaux brutes ont baissé de 70 % en moyenne. » Ces bons résultats s’expliquent notamment par une implication des communes desservies par l’eau captée dans la protection du captage, la mise en place de mesures obligatoires et d’objectifs ambitieux de réduction de l’utilisation des produits phytos, et un accompagnement et suivi régulier des agriculteurs vers un changement de pratiques agricoles.

« Notre étude montre qu’il est possible de protéger la ressource en eau, s’est réjouit Alain Bazot, président de l’UFC. Il faut donc étendre ces mesures qui marchent à l’ensemble des captages d’eau potable de notre pays. » L’association de consommateurs demande notamment le pilotage des captages par les collectivités locales desservies, le développement de l’agriculture bio près des lieux de prélèvement, et l’application du principe pollueur-payeur, car « il n’est pas normal que ce soient les consommateurs qui payent pour la pollution des eaux par l’agriculture intensive », a estimé M. Bazot.

« Notre étude est un premier pas, il faudrait que les pouvoirs publics mènent eux-mêmes un état des lieux exhaustif sur tout le territoire, ce qui n’a pour le moment jamais été fait », a précisé le président. L’UFC - Que Choisir entend porter ces demandes lors des Assises de l’eau, dont la seconde phase se déroule ce printemps.

  • Source : Reporterre.
  • Photos :
    . chapô : © Lorène Lavocat/Reporterre.
    . graphiques : UFC Que Choisir.

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