« Cochons agonisants et mutilés » : la préfecture du Finistère ferme un élevage porcin
L'élevage de cochons Evel'Up fermé par la préfecture du Finistère. - L214 - Éthique & Animaux/CC
L'élevage de cochons Evel'Up fermé par la préfecture du Finistère. - L214 - Éthique & Animaux/CC
Durée de lecture : 2 minutes
Cadavres en décomposition, ossements, animaux malades et blessés, bâtiments vétustes et non conformes... L’activité de l’EARL Omnes, un élevage porcin à Lannilis (Finistère), a été suspendue par la préfecture le 5 mai. Cette décision fait suite à un contrôle officiel inopiné de la direction départementale de la protection des populations (DDPP 29). Par ailleurs, une enquête pénale a été ouverte pour « mauvais traitements » et « autres infractions connexes » et confiée à la compagnie de gendarmerie de Brest et à la DDPP 29.
Ces décisions font suite à une alerte lancée par L214, qui a publié fin avril une série de vidéos attestant de la saleté repoussante des lieux et des sévices infligés aux animaux. L’association a signalé les faits à la préfecture du Finistère et au ministère de l’Agriculture, et demandé la fermeture d’urgence de cet élevage. Elle a également déposé plainte le 4 mai auprès du procureur du tribunal judiciaire de Brest pour mauvais traitements. « Cet élevage est le théâtre d’horreurs quotidiennes : cochons agonisants, mutilés, entassés dans la saleté, cadavres en décomposition jusque dans les mangeoires, décrit Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de L214. L’exploitant piétine la loi en toute impunité. »
Lire aussi : Élevage industriel : « On a réduit les animaux à de la matière brute »
Cet élevage dépend de la coopérative bretonne Evel’Up, qui compte 600 élevages et commercialise 3,8 millions de porcs charcutiers par an, dont 96 % référencés Le Porc français. D’après l’association, l’EARL Omnes a perçu près de 22 000 euros d’aides de la politique agricole commune (PAC) entre octobre 2023 et octobre 2024.
Dans un communiqué, Evel’Up assure avoir « identifié les difficultés de l’élevage [...] depuis plusieurs mois » et mis en œuvre un plan d’action « en accord avec les autorités : l’arrêt de l’activité était prévu dans les prochains jours ». Elle dit « [regretter] que la détresse d’une famille soit instrumentalisée par une organisation anti-élevage ».