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De l’art de préparer le purin d’ortie

11 juin 2016 / par Christine Laurent (Reporterre)



Fertilisant et pesticide, le purin d’ortie est un ami du jardinier. Encore faut-il savoir le préparer - et supporter l’odeur, pas vraiment agréable durant une phase de l’élaboration. Après, quel succès !

C’était le week-end des saints de glaces. J’avais rapporté des orties plein ma sacoche de vélo et essuyé le regard un brin railleur de Jean-Marie.

Je parle de faire du purin d’ortie depuis un moment mais de là a passer à l’acte... Sur le rebord de la fenêtre, il n’y avait qu’un pas que j’ai franchi le mercredi 18 mai.

Il pleuvait des cordes. J’entendais l’eau dégouliner par la gouttière sur un petit toit de zinc qui donne juste sous de la fenêtre de mon bureau. Je regardais la précieuse eau de pluie s’écouler, en me demandant comment j’allais pouvoir la récupérer. Car règle n°1, le purin d’ortie, cet élixir pour les plantes issu des savoir-faire populaire, n’aime ni le chlore, ni le calcaire. J’ai trouvé dans la cave un bout de tuyau de plomberie en PVC, et un morceau de carton m’a permis de bricoler un entonnoir pour relier la gouttière au tuyau et le tuyau à une bassine, que je vidais dans un sceau au fur et à mesure qu’elle se remplissait.

Dans notre appartement parisien, il n’était pas question de faire 50 litres de purin, bien qu’une certaine quantité soit conseillée pour que le processus de fermentation s’enclenche bien. J’ai donc fait l’impasse sur la règle n°2. J’ai attrapé la plus grande marmite en inox et un bon couteau et me suis installée pour hacher menu 4 kg d’orties fraiches que j’ai recouvertes de l’eau de pluie récupérée.

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L’ortie, alias « Urtica dioica »

Chaque jour, j’ai discrètement touillé le mélange posé sur le bord d’une fenêtre à l’ombre pour éviter les écarts de température. C’est la règle n°3. Au cinquième jour, en plus de l’odeur pour moi méconnue qui se dégageait du faitout, le mélange a commencé à mousser. Au bout de douze jours, il ne se passait plus rien de particulier.

L’odeur n’était pas aussi terrifiante que dans mes lectures. Mais j’ai changé d’avis lorsque j’ai commencé à filtrer ma mixture au milieu de la cuisine, me demandant si je n’aurais pas mieux fait de m’installer dans les toilettes !

L’odeur a disparu quand les bidons remplis ont été bouchés et le reste des orties enfermé dans le sceau à compost.

Ce samedi d’inondations franciliennes, le jardin a été épargné du pire mais les tomates, les fraises, le basilic, les courgettes et les jeunes haricots font triste mine. Entre deux déluges d’eau, nous avons nettoyé les fraisiers des fruits abimés et renforcé le paillage, vaporisé du bicarbonate au savon noir sur les feuillages et servi à nos protégées un bon grog du jardinier... du purin d’ortie dilué à 5 % pour stimuler leur croissance et renforcer leurs feuilles.




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