Des collégiens manifestent pour le climat : « C’est pour notre futur, il faut sauver la planète »

Durée de lecture : 3 minutes

21 juin 2019



Une quarantaine d’élèves a bloqué « pacifiquement » l’entrée de leur collège Honoré de Balzac, à Paris, ce vendredi 21 juin. Âgés de 12 à 14 ans, ils souhaitent alerter contre l’inaction climatique du gouvernement.

  • Paris, reportage

Cela semblait un début de matinée normal, ce vendredi 21 juin, au collège Honoré de Balzac. À 7h55, quelques rayons de soleil perçaient les nuages, et des élèves à l’air endormi passaient rapidement la porte de l’établissement.

Soudain, une quarantaine de collégiens a surgi de l’autre bout de la rue. Ils se sont précipité vers leur école en criant et en lançant sur leur passage des sacs poubelles remplis d’ordures. Plusieurs banderoles et pancartes étaient accrochées aux grillages : « Moins de banquiers, plus de banquises », « L’eau monte, notre colère aussi ». Les adolescents, âgés de 12 à 14 ans, veulent exprimer leur rage contre l’inaction climatique.

Amalia, 13 ans, et Isis, 14 ans en classe de quatrième.

« Nous avons compris une chose, lance Adèle, 14 ans. Si nous voulons nous assurer un avenir vivable pour nous et pour les générations futures, notre devoir aujourd’hui est de lutter contre l’inaction climatique, contre les inégalités qu’engendre et qu’engendrera le changement climatique, et préserver ce qu’on peut encore sauver en ressources naturelles et biodiversité. »

Chacun leur tour, des collégiens prennent la parole. Petit papier à la main, la voix parfois un peu faible, mais avec un ton toujours puissant et affirmé. Les autres les écoutent religieusement. « Nous en avons marre ! » scandent-t-ils entre chaque intervention.

« Une exigence persiste, conclut Inès, 14 ans également. Celle d’être entendus, celle qui transforme la parole en mouvement et le mouvement en action, celle qui est la base de la démocratie : la voix du peuple. » Sur ces mots, tous les collégiens présents se lancent dans un die-in, ils tombent dans un seul mouvement et s’allongent devant la porte d’entrée de leur établissement.

Pendant une dizaine de minutes, ils restent là, allongés sur le trottoir du boulevard Bessières, forçant les autres élèves à les contourner ou les enjamber pour accéder au collège. Quelques automobilistes leur lancent : « Allez, réveillez-vous ! », d’un ton amusé. La quarantaine de collégiens sourit mais ne se lève pas. Deux nouveaux élèves arrivent devant l’entrée et se joignent discrètement à eux. Les yeux fermés, l’air paisible, les manifestants allongés ne sont dérangés par aucun membre de l’établissement.

Les jeunes ont organisé un die-in sur le trottoir, forçant les élèves à les contourner pour accéder au collège.

Lorsqu’ils se relèvent, les adolescents crient, dansent, puis s’assoient par terre, en rond, pour débattre ensemble. « Qui ici est végétarien ? », demande l’un des collégiens. La discussion collective commence et s’éparpille entre les membres.

Pour expliquer leur présence à ce « blocage » pacifique, Isis, 14 ans et Amalia, 12 ans, parlent d’une seule voix : « On a déjà fait des manifs, c’est pour notre futur. Il faut sauver la planète. » Les deux jeunes filles confient être angoissées lorsqu’elles imaginent leur avenir sur Terre. Elles voudraient des actions fortes de la part du gouvernement et des multinationales.

Inès, Ilan, Elyes et Adèle sont à l’origine du blocage pacifique.

Elyes, 13 ans, souhaite également que le ministère de l’Éducation nationale prenne au sérieux la situation et l’engagement des collégiens. « Il faut qu’il nous aide », dit-il. D’un geste de la main, il montre le jardin écologique de son collège, installé depuis 2006, et où les élèves peuvent découvrir les fleurs, les arbres et la nature. « C’est le genre de projets qu’il faudrait installer dans tous les établissements scolaires, poursuit Elyes. Il ne faut pas seulement faire des débats en classe, il faut expliquer ce qu’est l’écologie, la nature, et que ça passe par toutes les matières. »

Au fil de la matinée, les débats continuent mais les élèves quittent peu à peu le trottoir. Ils rentrent en cours, pour leur dernière journée d’école. L’été va passer, mais d’après eux, la lutte continuera.





Source : Justine Guitton Boussion pour Reporterre

Photos : © Justine Guitton Boussion/Reporterre

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