Des graffeurs parisiens bombent les murs pour le climat

Durée de lecture : 3 minutes

16 octobre 2015 / Émilie Massemin (Reporterre)



Cinq artistes de « street art » ont investi les abords des canaux Saint-Martin et de l’Ourcq, invités par l’ONG Care France. Leurs fresques poétiques et colorées veulent sensibiliser les Parisiens aux conséquences du changement climatique pour les pays du Sud.

« Ma fresque raconte l’histoire d’une femme qui habite des terres agricoles, et qui a des difficultés pour aller chercher l’eau puisqu’elle doit pour cela gravir une montagne. En représentant une goutte d’eau à la manière d’un diamant, je veux montrer à quel point l’eau est précieuse est indispensable à tous. » Une bombe de peinture à l’eau à la main, Stoul commente son œuvre de cinquante mètres carrés, qui orne la façade du Point éphémère, dans le Xe arrondissement de Paris.

La fresque réalisée par Stoul.

Le jeune femme, ainsi que Da Cruz, Doudou Style, FKDL et Koralie, ont été invités par l’ONG de solidarité internationale Care France à réaliser des œuvres monumentales le long du canal Saint-Martin et du canal de l’Ourcq, dans les Xe et le XIXe arrondissements de Paris. Ce projet, intitulé « le climat au pied du mur », vise à informer les jeunes urbains des impacts du changement climatique sur les populations les plus vulnérables des pays du Sud, et à les sensibiliser à la notion de justice climatique.

L’artiste FKLD au travail

« Le street art est vraiment important pour nous, parce qu’il nous permet de sortir des médias traditionnels et de toucher des gens qui ne savent pas forcément ce qu’est la COP21, qui ne connaissent pas Care et ne sont pas forcément intéressés par l’environnement », explique Aurélie Ceinos, experte climat à Care France.

Pour ne pas laisser les passants seuls devant ces fresques, des balades guidées d’une heure et demie sont proposées tous les samedis à 11 h jusqu’à début décembre. Elles seront animées par Antonio, éclaireur à l’association d’insertion professionnelle L’Alternative urbaine.

« 750 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable »

Ce dernier prend son rôle très au sérieux. Il conduit le groupe jusqu’au canal de l’Ourcq, où il aborde la question de l’accès à l’eau. « C’est très important, parce qu’il y a quand même 750 millions de personnes, douze fois la population française, qui, actuellement, n’ont pas accès à l’eau potable », souligne-t-il, avant d’évoquer les mesures d’économie d’eau mises en œuvre par la ville de Paris : « À Paris, il y a deux réseaux d’eau ; l’un potable et l’autre non-potable. L’eau non-potable sert à arroser les parcs et les jardins et à nettoyer les caniveaux. Cela me semble indispensable et très judicieux. »

Antonio.
La fresque de FKLD sur l’accès à l’eau

Au pavillon des Canaux, Koralie présente sa réalisation, un papier peint illustré de pictogrammes et de personnages féminins stylisés qui tapisse les murs de la maisonnette. « J’ai choisi de représenter des femmes, parce que ce sont leurs personnages que je travaille habituellement, explique l’artiste. Ici, ils sont abrités sous des parasols, pour symboliser la protection, ou sont dans des balances, pour évoquer les inégalités sociales. »

Koralie.
Le pavillon des canaux redécoré par Koralie.

« L’objectif de ces œuvres est surtout de montrer que des solutions existent, en France et partout dans le monde, conclut Aurélie Ceinos. Au Niger, pour limiter les dégâts liés aux sécheresses, nous avons aidé les paysans à remplacer le maïs par du manioc, et à élever des chèvres natives plutôt que des vaches, plus productives mais qui résistent moins à la chaleur. Nous espérons que cela donne envie aux Parisiens d’agir et de s’engager. »





Lire aussi : Des artistes se lancent dans la lutte contre le changement climatique

Source : Émilie Massemin pour Reporterre

Photos :
. Chapô : L’artiste Da Cruz réalise sa fresque rue Germaine Tailleferre. © Care France
. Les autres photos : © Care France sauf :
. FKLD : © Émilie Massemin/Reporterre



Documents disponibles

  Koralie.   Antonio.
DOSSIER    Climat : de COP en COP

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