EDF condamnée à verser 250 000 euros à un lanceur d’alerte licencié
Arnaud Bégin, ancien inspecteur de la sûreté nucléaire, en 2023. - © Mathieu Génon / Reporterre
Arnaud Bégin, ancien inspecteur de la sûreté nucléaire, en 2023. - © Mathieu Génon / Reporterre
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Le 30 janvier 2026, le conseil de prud’hommes de Paris a condamné EDF à verser 250 000 euros à Arnaud Begin, un ancien cadre des centrales nucléaires de Chooz et Paluel, mis à la retraite d’office en mars 2024 après avoir dénoncé des faits de harcèlement moral et des écarts de sûreté nucléaire. Le jugement a requalifié cette mise à la retraite forcée en licenciement nul et a ajouté plus de 68 000 euros d’indemnités diverses.
« Ce qu’il faut noter c’est que la juridiction a prononcé une condamnation financière à hauteur de ce nous demandions alors que dans la majorité des cas, cela est revu largement à la baisse. Il y a eu la violation d’une liberté fondamentale, la liberté d’expression », a réagi M. Begin.
M. Begin, embauché en 1998, avait signalé des pressions et des changements de poste depuis 2015, notamment après ses rapports sur les centrales de Tricastin (2015 et 2018) et Dampierre (2017). « EDF s’en est pris à moi car j’étais un lanceur d’alerte ayant révélé des écarts de sûreté dans plusieurs centrales nucléaires. Tous mes soucis viennent de là », a expliqué l’ancien salarié. Reporterre avait raconté son histoire en octobre 2023.
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La cour d’appel de Reims avait déjà condamné EDF en novembre 2024 pour harcèlement moral et accordé 10 000 euros de dommages et intérêts à M. Begin. Une information judiciaire est en cours à Marseille. M. Begin se trouve toujours en difficulté, « blacklisté de partout » et « en invalidité ». La direction d’EDF n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.