Écologistes et travailleurs du pétrole manifestent chez Total

Durée de lecture : 3 minutes

9 février 2021 / Justin Carrette (Reporterre)



  • La Défense (Paris), reportage

Dans un froid glacial ce mardi 9 février à Paris, une centaine de grévistes, militants et élus se sont donné rendez-vous devant le siège de Total à la Défense à partir de 10 heures, pour réaffirmer leur soutien aux raffineurs de Grandpuits en grève depuis un mois.

Des associations de protection de l’environnement comme Greenpeace, ANV-COP21 ou les Amis de la Terre étaient représentées. « Total utilise le greenwashing pour justifier la casse sociale. La vie de sept cents familles est en danger. Aujourd’hui, il faut construire la transition avec les raffineurs, pas contre eux. Ils sont les plus à même de savoir comment transformer leurs outils de production. Un avenir sans pétrole se construira avec eux, et pas sans eux », dit à Reporterre Cécile Marchand, chargée de campagne aux Amis de la Terre.

L’action a été relayée sur les réseaux avec le hashtag #TotalFaitduSale. Les militants ont recouvert les vitres de la tour Michelet d’affiches dénonçant la politique du groupe pétrolier : « Grandpuits 700 emplois menacés, 7 milliards de dividendes », ou encore « Greenwashing, casse sociale, total fait du sale ».

Pour éviter les intrusions dans les bureaux de Total, une compagnie de CRS était postée devant l’entrée de la tour. La tension a grimpé lorsque plusieurs travailleurs de Grandpuits ont tenté d’y pénétrer. « On est en colère parce que c’est ici que notre sort se joue. Derrière cette porte. On reste déterminé même si la direction ne veut rien lâcher », clame Adrien Cornet, délégué CGT à la raffinerie de Grandpuits. Pour lui comme pour les ONG écolos, la convergence avec les écologistes est logique : « Pour moi, c’est l’alliance la plus juste qu’il peut y avoir. Il faut qu’on allie la fin du mois et la fin du monde. On a intérêt à conserver le raffinage en Europe, plutôt que de l’exporter dans d’autres pays où les normes sociales et environnementales sont moindres. »

Aux sons de la batucada présente pour l’occasion, des délégués syndicaux et plusieurs élus ont pris la parole devant la foule. Nathalie Arthaud, Clémentine Autain, Phillipe Martinez, puis François Ruffin ont parlé, ce dernier lançant : « Face au piège tendu par Total visant à opposer l’écologie aux travailleurs, vous avez réussi, entre organisations écolos et raffineurs, à vous tendre la main. Et ça c’est inédit ! »

François Ruffin : « Vous avez réussi, entre organisations écolos et raffineurs, à vous tendre la main. »

Un feu de palettes, symbolique des piquets de grève, allumé non loin de la tour pour se réchauffer, favorisait les échanges entre militants et grévistes. En début d’après-midi, d’autres organisations et mouvements en lutte continuaient d’arriver sur place tels que les femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, en grève depuis 18 mois, ou la Confédération Paysanne. Pour son porte-parole Nicolas Girod, « il faut qu’on monte un projet qui soit juste socialement et pérenne en matière écologique. L’un n’ira pas sans l’autre, on continue à lutter tous ensemble ! »





Lire aussi : À la raffinerie de Grandpuits, « Total justifie la casse sociale par la transition écologique »

Source : Justin Carrette pour Reporterre

Photos : © Justin Carrette/Reporterre

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