En Ardèche, on fabrique des lunettes en bois

12 mai 2015 / Gilles Bas (Nature et Progrès)



A la rencontre d’artisans d’un nouveau genre, à Saint Victor, en Ardèche ! Julie et Erwan fabriquent des montures de lunettes 100 % artisanales en bois.


De villes, en villages, en hameaux, en maisons isolées, un chemin de terre et me voici arrivé chez Woodlun’s. Une maison en pierre, un immense espace ouvert comme savent les proposer les plateaux ardéchois. La porte s’ouvre, c’est Erwan qui m’accueille dans une ambiance bois chaleureuse où l’on se sent bien. Un petit café et Julie nous rejoint. C’est indispensable pour mieux comprendre qui est ce binôme fourmillant d’idées et aventurier de l’entreprise.

Le bois, toujours le bois, Julie fabriquait des jouets en bois, Erwan le travaille depuis longtemps en autodidacte et, en tant qu’éducateur sportif, il a fabriqué des pirogues en lamellé collé. Le lamellé collé, nous y voici...

C’est la technique utilisée pour fabriquer les montures. Il faut neuf feuilles de bois, de 0,5 à 1,5 mm, découpées au laser, qui sont ensuite collées entre elles (avec une colle 70 % naturelle), puis pressées et cintrées. Après séchage, l’usinage et les finitions minutieuses se font à la main puis une cire naturelle est appliquée (mélange de cire d’abeille et d’huiles végétales) ce qui permet d’obtenir un touché « bois poncé » pour rester en contact avec cette noble matière. Pour obtenir une paire de lunettes, dix étapes de fabrication sont nécessaire, de la découpe au cirage.

Les feuilles de bois sont de différentes essences : noyer, merisier, hêtre, frêne, érable, chêne, platane, parfois de bois exotique… Elles sont le fruit du recyclage, issues de chutes ou de surstocks mais provenant toutes de la région Rhône Alpes. La diversité de ces essences donnent des tons différents et variés à ces montures très légères, seulement 25 à 30 grammes.

Au début il y a eu des « loupés » mais de petite série en petite série, la main s’est faite plus sûre. Maintenant la gamme comporte une dizaine de modèles, Julie et Erwan commercialisent en direct les lunettes de soleil.

Pour les lunettes correctrices, deux opticiens ardéchois et un lyonnais sont partenaires ; le client choisit sa monture, l’opticien taille le verre et fait le montage. D’autres professionnels de la lunette et boutiques sont en demande car leurs montures en bois séduisent par leur aspect novateur et leur coté naturel.

Localement Julie et Erwan ont reçu un accueil enthousiaste, la commune voisine de Quintenas leur a même trouvé un local pour en faire leur atelier (ce sera mieux que la caravane !).

La création de Woodlun’s s’est faite en total autofinancement et tant que faire se peut, Julie et Erwan s’appliquent à pratiquer des tarifs attractifs afin que le plus grand nombre puisse bénéficier de ces lunettes venues d’ailleurs... ou plutôt non, bien d’ici au contraire !

Je gage que cette petite entreprise, créée en 2014, ne connaîtra pas la crise et sera sans doute créatrice d’emplois directs ou induits.




Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Lire aussi : Quand les ânes offrent du très bon savon

Source et photos : Article transmis amicalement à Reporterre par Nature et Progrès.

THEMATIQUE    Economie
22 septembre 2017
Fermes d’avenir, des petites fermes aux grandes ambitions
Alternative
22 septembre 2017
Des coursiers à vélo veulent dépasser l’ubérisation par la coopération
Info
23 septembre 2017
Benoît Hamon : « La gauche doit se saisir de la révolution numérique pour en faire un progrès social et humain »
Entretien


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre

Sur les mêmes thèmes       Economie