En février, le manque de neige dans les Alpes a battu tous les records
Entre le 27 janvier et le 21 février, la région a enchaîné vingt-six jours consécutifs en dessous des minimums d’enneigement connus. - © E.B / Reporterre
Entre le 27 janvier et le 21 février, la région a enchaîné vingt-six jours consécutifs en dessous des minimums d’enneigement connus. - © E.B / Reporterre
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Au mois de février, dans les Alpes, la neige a brillé par son absence. Entre le 27 janvier et le 21 février, la région a enchaîné vingt-six jours consécutifs en dessous des minimums d’enneigement connus, rapporte France Info, citant les données du Centre d’études spatiales de la biosphère (Cesbio). Sur la totalité du mois de février, la superficie au sol recouverte de neige dans les régions alpines était en moyenne de seulement 37,7 %.
« C’est lié à un mois de février très doux. L’enneigement a été très faible voire inexistant dans les zones de moyenne et de basse altitude », explique à nos confrères Simon Gascoin, chercheur au sein du laboratoire Cesbio et architecte du modèle qui permet de mesurer les surfaces enneigées des grands massifs français. Les sommets situés au-delà de 2 000 mètres d’altitude sont en revanche parvenus à conserver des stocks de neige très abondants.
Le manque de neige s’est également fait sentir dans les Pyrénées. Toujours selon le Cesbio, la surface enneigée du massif a battu des records à la baisse pendant 15 jours d’affilée, entre le 26 janvier et le 9 février.
Un écosystème vital pour de nombreuses espèces
Le manque de neige fait partie des conséquences attendues du changement climatique. Selon une étude publiée le 13 mars dans la revue scientifique Plos One, dans un scénario d’émissions de gaz à effet de serre hautes, les Alpes européennes pourraient perdre 42 % de jours de neige par an d’ici 2071-2100. À l’échelle de la planète, une station de ski sur huit pourrait voir son manteau neigeux naturel disparaître totalement avant la fin du siècle.
Ce phénomène risque d’avoir de lourdes conséquences, à la fois économiques, sociales et écologiques. Le manteau neigeux, ou « subnivium », est en effet un écosystème vital pour de nombreuses espèces, expliquait Reporterre dans un récent article. Le manque de neige perturbe par ailleurs le cycle de l’eau, ce qui pourrait augmenter le risque de sécheresse.